5 raisons de s'opposer à la fusion Bayer-Monsanto

5 raisons de s'opposer à la fusion Bayer-Monsanto

5 raisons de s’opposer à la fusion Bayer-Monsanto

Avec une journée mondiale de manifestation à son nom et un tribunal international, la multinationale américaine Monsanto est l'une des entreprises les plus détestées au monde. Les raisons de cette animosité sont nombreuses : la commercialisation de certains des produits les plus dangereux de l’histoire (agent orange, DDT...) - dont beaucoup ont été interdites depuis, sa contribution à la chute spectaculaire de la biodiversité, sa participation à un modèle de production alimentaire globalisé qui affame au lieu de nourrir, ses interventions inacceptables contre les chercheurs ayant le malheur de trouver des résultats contraires aux intérêts de l’entreprise, etc.

En septembre 2016, le groupe allemand pharmaceutique et agro-chimique Bayer, moins controversé mais guère plus fréquentable, a annoncé son intention d'acquérir Monsanto. La Commission européenne doit se prononcer sur ce projet de fusion : elle est chargée d'apprécier la légalité des concentrations sous l'angle de la concurrence, c'est donc notre commissaire favorite, Margrete Vestager, qui tient la barre.

Une décision est annoncée pour le 5 avril. Si cette opération devait être autorisée par la Commission européenne, elle aboutirait à la création de l'entreprise la plus puissante au monde dans le secteur des semences et des pesticides. Découvrez ci-dessous les 5 raisons pour lesquelles la Commission doit s'opposer à ce mariage néfaste.

  1. C'est mauvais pour les agriculteurs. Cette transaction prend place dans un secteur déjà extrêmement concentré après d'autres fusions (Dow-Dupont, Syngenta-ChemChina). La fusion de Monsanto et Bayer générerait un monstre représentant 24% du marché mondial des pesticides, et 29% du marché des semences. Alors que la grande majorité des agriculteurs européens sont dans la difficulté, coincés entre des prix non rémunérateurs et un coût croissant des intrants agricoles, cette fusion renforçant l'agro-business les enfoncerait encore davantage.
  2. C'est mauvais pour la biodiversité. La concentration des pouvoir dans les mains d'un nombre toujours plus réduit d'entreprises a déjà contribué à réduire drastiquement la diversité des semences vendues et utilisées par les agriculteurs. Le secteur semencier ne travaille que sur 16 espèces différentes parmi les 7000 plantes domestiquées !  Fusionner ces entreprises aura également pour conséquence une concentration de brevets chez quelques acteurs. La stratégie est claire : il faut breveter le plus de variétés ou traits possibles -certains allant jusqu'à tenter de breveter des semences naturellement présentes dans l'environnement -  afin de conditionner l'accès à ces semences au paiement de redevances. Livrer la source de notre alimentation à une poignée de multinationales ne semble pas être une stratégie responsable, et encore moins lorsque lesdites compagnies se rachètent les unes les autres afin d’augmenter leur emprise sur le marché.
  3. C'est mauvais pour la planète. Monsanto a beau être la cible préférée des activistes, la convergence de stratégie avec Bayer est évidente. W. Baumann, le PDG de Bayer, déclarait d'ailleurs il y a quelques mois : "Cela fait longtemps que nous respectons la stratégie de Monsanto et nous partageons leur vision". En quoi consiste cette stratégie ? Vendre des semences de plantes "hautement productives", mais uniquement lorsqu'elles sont associées à l'utilisation des pesticides et herbicides commercialisés par les mêmes entreprises. Les agriculteurs doivent acheter de nouvelles semences tous les ans, ainsi que les produits chimiques qui vont avec. Il est démontré que ce système entraîne une utilisation fortement accrue de produits phytosanitaires, avec des conséquences graves pour les écosystèmes. Dans ce contexte, la fusion serait un désastre pour l’environnement. En effet, le géant né de cette union deviendrait un “super - lobbyiste” à l’influence économique écrasante, rendant très difficile toute transition vers un modèle agricole plus respectueux de la nature dans l’UE.
  4. C'est mauvais pour votre santé. Plusieurs produits commercialisés par les deux géants Monsanto et Bayer ont été accusés d'avoir des impacts sur la santé humaine. Pour chaque produit interdit, un nouveau produit est mis sur le marché, prétendument moins problématique jusqu'à ce que la science ne démontre le contraire. On le sait, le prix à payer est particulièrement élevé pour les agriculteurs et leurs familles. Et n'oublions pas qu'en rachetant Monsanto, Bayer deviendrait à la fois le plus gros acteur européen dans le domaine des produits chimiques agricoles et dans celui du médicament. Les deux branches étant gérées par le même conseil d'administration...
  5. Cela pourrait permettre à Monsanto d'échapper à ses responsabilités légales. Monsanto fait face à plusieurs procès devant des cours de justice nationale, le plus emblématique étant celui porté devant la Cour de San Francisco par plusieurs centaines d'agriculteurs étatsuniens et leurs familles qui accusent le Roundup d'être responsable de leurs lymphomes non-Hodgkinien (un type de cancer). Certains craignent que le rachat de Monsanto par Bayer permette d'éteindre certaines des poursuites légales, laissant les victimes de Monsanto avec encore moins de moyens.

Vous aussi, vous voulez empêcher l'émergence du monstre à deux têtes Baysanto ? Faites-le savoir à la Commissaire Vestager en signant la pétition ! https://act.wemove.eu/campaigns/non-baysanto

 

 

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