Aquarius : le naufrage de l'humanité

Aquarius : le naufrage de l'humanité

Aquarius : le naufrage de l’humanité

Strasbourg, le 14 juin 2018

Rien ne justifie qu'un pays ferme ses ports à un bateau chargé d'êtres humains en détresse. En refusant de recevoir l'Aquarius, Matteo Salvini s'est servi de vies humaines pour se livrer à du chantage politique. C'est une attitude inqualifiable. Je remercie Valence et l'Espagne d'avoir pour cette fois sauvé l'Europe de la faillite morale.

Mais cette situation est aussi le résultat d'une attitude de blocage égoïste de la part de la plupart des États de l'Union européenne, qui sont bien contents de laisser l'Italie, Malte ou la Grèce en première ligne de l'accueil des migrants. Les 28 bloquent la réforme de cet absurde système de Dublin, alors que le Parlement européen avait, lui, été capable de trouver un large accord politique en faveur d'un nouveau système solidaire. En attendant, puisque la majorité des pays, comme le rappelle avec mauvais goût le Premier ministre belge, n'ont pas de port sur la Méditerranée, cela leur permet de se laver les mains des drames qui se jouent aux frontières extérieures de l'Union. L'Europe forteresse continue ainsi à être le seul horizon politique de la plupart des dirigeants européens, de Salvini à Macron, d'Orban à De Wever.

Demande-t-on à l'Europe d'accueillir les 65 millions de personnes actuellement déracinées ? Évidemment que non ! La première raison en est que la toute grande majorité d'entre elles sont soit déplacées à l'intérieur même de leur pays, soit dans les pays voisins. Ceux qui cherchent l'asile sur le territoire européen sont une petite minorité. Pourtant, les "leaders" européens s'entêtent dans des réponses coûteuses, inhumaines et vouées à l'échec, et refusent d'accepter la migration pour ce qu'elle est : un phénomène humain qui a toujours existé et qui continuera à exister. Entre les guerres et les persécutions, la faim, le changement climatique et l'exploitation économique, les causes qui poussent les êtres humains sur le chemin de l'exil sont plus présentes que jamais. Aujourd'hui, l'Union européenne est très loin de prendre sa juste part de l'accueil. Nous devons faire plus, et mieux. C'est une question de justice, de responsabilité, et surtout d'humanité.

 

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