Attentats terroristes : le Parlement européen crée une Commission spéciale

Attentats terroristes : le Parlement européen crée une Commission spéciale

Attentats terroristes : le Parlement européen crée une Commission spéciale

La semaine dernière, le Parlement européen a décidé de mettre sur pied une Commission spéciale sur le terrorisme, à la suite des attentats qui ont meurtri plusieurs pays de l'Union européenne. Les Verts ont apporté leur soutien à cette décision. Nous poursuivons par là un double objectif: faire la lumière sur les dysfonctionnements dans la transmission d’informations capitales entre services nationaux de renseignement, et évaluer l'impact des nouvelles mesures de sécurité sur les droits fondamentaux.

Au cours des négociations sur le mandat de cette future Commission, les Verts se sont assurés qu'elle se pencherait sur l'efficacité des mesures de sécurité et l'impact de celles-ci sur les droits fondamentaux. En effet, après chaque attaque, les autorités européennes ont pris à la hâte de nouvelles mesures visant à collecter toujours davantage de données et à mettre sous surveillance, non pas les terroristes potentiels, mais toute la population – on pense bien sûr aux projets tels que le PNR (vous pouvez relire ici mon argumentation à ce sujet).

Les mesures de surveillance généralisées constituent une atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, faisant de chaque citoyen un suspect potentiel. Dans certains cas (loi sur le renseignement en France, loi "bâillon" en Espagne) un mandat judiciaire n'est même plus nécessaire pour obtenir un accès massif aux données personnelles de tout un chacun...

Or, de telles mesures, outre qu'elles sont disproportionnées, ne peuvent assurer la sécurité des citoyens ! Si l'on cherche un poisson bien spécifique, pêcher au filet n'est pas particulièrement avisé. Le problème ne réside pas dans un manque de données, mais dans le partage de ces données entre services nationaux de sécurité et le manque de personnel chargé de les exploiter. C'est la raison pour laquelle nous plaidons depuis le début pour un renforcement de la collaboration entre ces agences de sécurité. Outre l’absence de collaboration, ces attentats ont démontré l’obsolescence et l’inefficacité d’une compréhension nationale de la sécurité intérieure.

Il reviendra également à la Commission de jauger l'efficience des mesures au regard des sommes investies. Plutôt que de dépenser des centaines de millions d'euros dans des systèmes de collecte de données, les États-membres seraient mieux inspirés d'investir dans leurs forces de police locales et dans des mesures ciblant les suspects potentiels

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