Bilan de la session strasbourgeoise 18-21 octobre: entre symbolique et législatif

Bilan de la session strasbourgeoise 18-21 octobre: entre symbolique et législatif


Compte-rendu de la session du Parlement... par ecolo-be

"Que retenir de cette session? Je dirais quatre points: deux symboliques, deux législatifs:

Le premier point symbolique est bien-entendu l'arrivée de Ban-Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, pour s'adresser au Parlement européen. Evidemment, on aurait pu s'attendre à ce que son intervention ne soit qu'un exercice diplomatique. Il y a avait un peu de ça bien-sûr mais il y avait un peu d'autre chose également... Le Secrétaire Général a enjoint à l'Europe de maintenir son rôle de locomotive sur des problématiques telles que la lutte contre la pauvreté, la lutte contre le changement climatique et contre le désarmement nucléaire. Ce sont des messages auxquels nous nous attendions. Le Secrétaire Général est néanmoins sorti de sa "réserve diplomatique" lorsqu'il s'est adressé à l'Union européenne sur les thèmes de la diversité, des migrations et de l'accueil, thèmes fondateurs de l'Union européenne. Ban-Ki-Moon s'est dit inquiet face à certains événements récents dans certains Etats membres. Il a donc enjoint à l'Europe de rester à la hauteur de ses standards historiques. Il s'agissait ni plus ni moins d'une mise en garde de sa part à l'égard du comportement de certains Etats membres.

Autre élément symbolique: le prix Sakharov.
Le prix Sakharov est un prix pour les droits de l'Homme décerné chaque année par le Parlement européen. Cette année il a été décerné à un dissident cubain qui s'est distingué récemment par une grève de la faim contre les excès du régime. Il n'y a pas de doute, le régime cubain est un régime autoritaire et à ce niveau-là, la remise du prix à un dissident cubain est tout à fait justifiée. Là où il y a peut-être un certain malaise au sein du Parlement européen, c'est qu'au cours des 6 ou 7 dernières années, c'est la troisième fois qu'un Cubain est distingué. Est-il réellement nécessaire de taper à répétition sur le même clou? Les Verts soutenaient par exemple une organisation israélienne, dont on ne parle pas assez, qui s'appelle Break the silence et qui regroupe des militaires israéliens souhaitant rompre le silence sur ce qu'il se passe dans leur pays.

Sur le plan législatif, deux éléments sont à retenir. Le premier nous concerne tous; il s'agit du congé de maternité. On peut se réjouir du texte qu'a adopté le Parlement européen car il fixe la norme européenne à un niveau plus élevé; en effet, le congé de maternité (payé) est à présent passé à 20 semaines pour les femmes et à 2 semaines pour les hommes (il n'est néanmoins pas précisé si le congé de paternité doit être payé).

Deuxième point: le budget 2011. Il s'inscrit dans les perspectives financières 2009-2013 et peut donc se voir comme un budget de "transition", comme exécutant les perspectives financières actuelles. L'élément important dans le vote du budget par le Parlement est que les Verts (entre autres) étaient en faveur de l'ajout d'une nouvelle ligne budgétaire pour l'UE, une ligne propre, c'est-à-dire une ligne qui permettrait à l'UE de se doter de ressources propres. Cette ligne serait basée sur une taxe sur les transactions financières. Bien évidemment l'ajout de cette ligne ne signifiait pas l'adoption de la taxe sur les transactions financières, mais aurait représenté un pas symbolique dans cette direction. Cet amendement au budget de l'UE a malheureusement été rejeté de peu. Certains députés belges qui ont rejeté l'amendement s'étaient pourtant prononcés en faveur de cette taxe; dans les rangs libéraux et démocrates, on a donc pris une position en désaccord avec celle du parlement belge qui, depuis une dizaine d'années, souligne la nécessité d'une taxation sur les transactions financières. Déception donc face au rejet de cet amendement qui, je le rappelle, était surtout d'ordre symbolique. Le principal argument défendu par les détracteurs de la taxe est la crainte qu'elle ne produise une sorte d'exode de l'industrie financière hors de l'Union européenne. On peut à juste titre s'interroger sur le bien-fondé de cet argument qui vise à privilégier une fraction infime de l'économie au détriment du bien-être et de l'intérêt commun.

Enfin pour conclure, je pourrais également vous parler de la gouvernance économique européenne; sujet vaste qui ne fait que commencer son chemin au sein du Parlement européen. Il s'agit, en résumé, d'apporter une réponse durable à la crise de l'euro que nous avons connue (dont les manifestations les plus évidentes avaient été l'affaire de la dette grecque et les difficultés budgétaires de l'Espagne, du Portugal et de l'Irlande, mais aussi de la Belgique). Je ne souhaite néanmoins pas vous assommer avec cela pour l'instant, nous y reviendrons lors de sessions ultérieures..."

Bureau De Philippe Lamberts

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