Bonne chance aux Ecossais!

Bonne chance aux Ecossais!

A l'occasion du Congrès annuel du Parti Vert Ecossais (the Scottish Green Party), j'ai pu leur adresser un petit mot d'encouragement tout en présentant le Parti Vert Européen et son rôle. Voici la retranscription française de l'enregistrement, qui devrait servir de tremplin pour la campagne électorale écossaise.


La vague verte aussi en Ecosse? par Plamberts

"Avant toute chose, merci beaucoup d'avoir exprimé le souhait de m'entendre parler quelques minutes sur les activités du Parti Vert Européen. Ensuite, veuillez m'excuser pour mon anglais typique de Bruxelles, c'est-à-dire le jargon européen, je ne maîtrise malheureusement pas encore l'art de l'accent écossais!

Le message que je souhaiterais vous adresser, à la veille de votre campagne électorale, est simple: je m'attends à ce que ces élections soient pour vous un grand succès. Est-ce prétentieux de penser cela? Pas vraiment. Je fais simplement le constat réaliste que les partis verts sont en pleine croissance partout en Europe. En effet, nous avons récemment observé de belles progressions en Suède, en Belgique, en France, etc... Si bien que dans de nombreux pays européens nous sommes devenus la troisième force politique! Cela signifie que nous nous situons juste derrière le traditionnel parti de droite, et le traditionnel parti de gauche. Nos amis allemands par exemple vont jusqu'à représenter près de 25% des voix (selon la plupart des instituts de sondage). Si les Verts du plus grand Etat membre de l'Union européenne enregistrent de tels score, il ne s'agit ni plus ni moins d'une indication de la direction que prend la politique en Europe. Et c'est pourquoi, chers amis Verts écossais, je crois sincèrement que vous serez touchés par cette vague verte.

Personnellement, je considère que nous avons tous les atouts nécessaires pour faire partie des forces politiques les plus importantes. La question est de se donner les moyens d'y arriver. Ne nous voilons pas la face, les questions cruciales pour les électeurs, celles qui les feront voter pour nous ou non, sont les questions économiques. Et c'est donc précisément sur ces questions que nous devons concentrer nos efforts. Non seulement nous devons les ajouter au sommet de l'agenda traditionnel des Verts, mais nous devons articuler les thèmes de prédilection des Verts (environnement, durabilité, justice sociale et démocratie,...) autour de propositions économiques solides et crédibles. C'est d'ailleurs ce que nous sommes en train d'accomplir avec le Green New Deal, qui représente précisément la manière dont nous marions tous ces éléments dans le cadre d'un changement de paradigme plus profond.

En fait, nous pourrions affirmer aujourd'hui que, en plus de nous être "mis à niveau" sur les questions économiques, nous sommes devenus les seuls munis d'un programme capable de remettre l'économie européenne sur pied, et de façon durable bien-entendu. Et c'est sur ce dernier aspect que nous devons insister tout particulièrement. Si nous parvenons à faire cela, je crois personnellement qu'une part croissante de l'électorat nous verra comme la seule force politique capable de changement et celle à suivre pour sortir des crises auxquelles nous faisons face aujourd'hui.

Un exemple que j'aime citer pour démontrer l'ampleur que prennent les Verts européens est le cas du parti vert hongrois qui, jusqu'il y a deux ans, n'existait pas!
Un groupe d'hommes et de femmes dynamiques s'est ensuite chargé de donner vie à ce parti, et pour la première fois, ils obtinrent 7% des voix aux élections nationales! Et c'est à une campagne solide sur le Green New Deal et son application à la société hongroise qu'ils doivent ce résultat encourageant.

Outre le mouvement électoral observé en faveurs des Verts, une autre tendance est observée en Europe: une part croissante de l'électorat se tourne vers des partis nationalistes, offrant des politiques de repli sur soi en réponse à la crise économique. Ces partis avancent l'argument que seule la protection des atouts nationaux et des frontières nationales assurera une sortie de crise. Nous ne sommes pas d'accord avec cette option. La seule option viable pour les Européens pour faire face aux défis du 21e siècle et de mettre leurs efforts en commun. Cela ne rentre néanmoins pas en contradiction avec la diversité des solutions, diversité qui est si chère à l'Europe; nous pouvons, nous devons même, être unis dans le respect de la diversité. C'est le classique "parler d'une seule voix" qui manque parfois si cruellement à l'Europe, et dont nous avons besoin aujourd'hui, plus que jamais. C'est seulement à cette condition que nous pourront créer nous-mêmes notre propre destin.

Les citoyens européens ont besoin d'entendre un message plein d'espoir, et non un message qui exploite leurs peurs, comme le font si bien certains autres partis. Espoir ne signifie néanmoins pas que le chemin sera facile; mais c'est le seul que nous pouvons nous permettre d'emprunter.

Bureau De Philippe Lamberts

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