Conférence exceptionnelle le 25 mai: Volcker/Vickers/Barnier sur la restructuration du secteur bancaire européen

Faut-il introduire une séparation des métiers bancaires: entre banques de détail, servant l’économie réelle, et banques d’investissement, trop souvent orientées vers l’économie casino? 

Ce débat est déjà bien engagé aux Etats-Unis, où la règle dite « Volcker » (du nom de l’ancien patron de la Réserve fédérale des Etats-Unis) – qui prévoit l’interdiction pour les banques de spéculer avec l’argent des déposants – est en cours de mise en œuvre. De même, au Royaume-Uni, le rapport de la commission Vickers propose d’obliger les banques à isoler de manière étanche les activités faisant l’objet de garanties publiques de celles qui n’en bénéficieront plus (approche dite du « ringfencing »).

Qu’en est-il dans l’Union Européenne? A ce stade, le commissaire Michel Barnier a confié à un groupe de travail présidé par Erkki Liikanen le soin d’élaborer des propositions sur le sujet. Ce groupe remettra ses conclusions après l’été.

C’est pour remédier à une certaine absence de débat public concernant l’enjeu de la séparation des métiers bancaires que j’ai le plaisir de vous inviter à une conférence le vendredi 25 mai 2012, au Parlement européen.

Should we split our banking activities? Separate retail from investment banks, too often indulging in the « casino economy »? This debate is already well underway in the US, where the famous « Volcker rule » – that bans proprietary trading by banks backed by taxpayers – is currently being implemented. Similarly, in the UK, the Vickers report (Independent Commission on Banking) introduces the idea of « ringfencing », forcing the banks to completely isolate the activities vital to the economy and benefiting from public guarantees from the ones that don’t.

What is the approach at EU level? At this stage, Commissioner Barnier has mandated a working group – chaired by Erkki Liikanen – to explore this issue and make some fresh proposals. This working group should submit its conclusions after the summer 2012.

Until then, and to overcome the relative absence of discussion on this topic, I would like to invite you to a conference on Friday 25 May to address the major issues at stake in restructuring the EU banking sector.

Pour assurer le suivi de cette conférence/following-up on the conference:

Retrouvez le programme en FR et en EN:

2012 05 25 Programme Volcker_Vickers_Barnier FR

2012 05 25 Programme Volcker_Vickers_Barnier EN

Retrouvez les présentations et discours des intervenants/Speakers presentations:

Paul Volcker

John Vickers

Michel Barnier

Alejandra Kindelan_Banco Santander

Lothar Blatt – von Raczeck DSGV

Revisionnez l’intégralité de la conférence/watch the video of the conference:

Retrouvez également quelques photos ici / a few pictures here

Quelques passages dans la presse/press coverage:

La Libre Belgique 25.05.2012

Banques: séparer les métiers

Lors d’un colloque organisé ce 25 mai au Parlement Européen à l’initiative des Verts, il fut à nouveau question de l’encadrement des banques suite aux crises financières de ces dernières années. Des mesures ont déjà été prises au niveau européen pour assainir les bilans des banques. Nous avons déjà évoqué ce sujet dans un article sur Bâle III. Aujourd’hui, Michel Barnier, Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers veut aller plus loin. Un groupe de travail a été mis sur pied pour analyser l’opportunité de prendre des nouvelles mesures en vue d’encadrer les structures bancaires.

Il s’agit ici de voir s’il y a lieu de changer la structure des banques. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, des avancées ont déjà été faites pour séparer les activités des banques. Ces avancées se font cependant selon des modes qui diffèrent d’un pays à l’autre. Dans ces pays anglo-saxons, il est désormais admis que le contribuable ne devrait plus payer pour des dégâts bancaires qui relèveraient d’opérations parallèles.

Au niveau de l’Union Européenne, un groupe de travail a été créé en vue d’analyser la nécessité de revoir la structure des banques.  Michel Barnier insiste sur le fait que ce groupe travaillera sans tabou, en consultation avec les diverses parties prenantes en ce compris des représentants de la société civile et en allant voir ce qui se fait à l’étranger. Si cela s’avère nécessaire, il faudra alors revoir la structure des banques en appliquant des mesures comme la séparation des métiers de banques commerciales et d’investissement, la limitation de la couverture par la garantie bancaire de déconfitures liées à des opérations de trading, de spéculation ou d’opérations pour compte propre, par exemple.

Implanter de nouvelles réglementations au niveau européen sera moins facile que l’implantation faite dans les pays anglo-saxons en raison du nombre important d’organismes bancaires : 8 300 banques avec des tailles, formes juridiques et activités d’une grande variété.

Ces nouvelles réglementations ne résoudront pas les problèmes actuels mais sont surtout envisagées dans le cadre d’une prévention de crises à venir. Il s’agit ici de baliser le futur, de mettre des garde-fous pour des crises qui pourraient survenir à l’avenir.

RTL TVI Journal Télévisé 25.05.2012

AGEFI, Florence Autret, 25.05.2012

Le Parlement européen se saisit de la réforme structurelle des banques
Les conclusions du groupe Liikanen étant attendues en septembre, la Commission s’abstient de prendre position sur l’opportunité même de ces réformes.

Alors qu’en France le gouvernement Ayrault travaille à des réformes structurelles dans le secteur bancaire, le débat prend de l’ampleur à Bruxelles. Vendredi au Parlement européen, une conférence organisée par le député Philippe Lamberts a réuni 500 participants, dont un grand nombre de représentants de l’industrie. Cette initiative montre que la Commission européenne, qui a investi en janvier un groupe d’experts présidé par Erkki Liikanen pour formuler des propositions, va travailler sous haute surveillance.

En marge de la conférence plusieurs personnes ont fait remarquer que les délais accordés au groupe Liikanen, qui poursuit actuellement ses auditions dans la plus stricte confidentialité, semblaient trop brefs. Les experts sont censés rendre leurs conclusions sur l’opportunité et les options d’une réforme structurelle en septembre, soit en moins de huit mois, quand la commission Vickers, au Royaume-Uni, a eu un an et demi pour élaborer ses propositions.
Sir John Vickers, président éponyme du comité au Royaume-Uni, était venu au Parlement présenter ses propositions. «Vous avez besoin d’une combinaison de mesures visant à augmenter la capacité d’absorption des pertes et des réformes structurelles», a-t-il plaidé.
«Nous n’allons pas plaquer un modèle Vickers ou Volker au secteur bancaire européen», a déclaré pour sa part Michel Barnier, le commissaire européen en charge de la Régulation financière. Et d’ajouter : «Il faut placer les différentes initiatives nationales autant que faire se peut dans un cadre européen». La Commission a pour l’instant fait un pas dans la direction d’une restriction du trading pour compte propre, inspirée de la « règle Volcker », mise en place aux Etats-Unis dans le cadre de la réforme des marchés d’instruments financiers. Elle propose d’interdire le trading pour compte propre aux Organized Trading Platforms, une nouvelle catégorie de lieu de négociation sensée englober les plates-formes d’appariement interne des ordres des banques.

«La limitation du négoce pour compte propre pourrait être une manière de réduire le risque systémique», a dit le commissaire. Quant à la ségrégation entre activités de détail et activités de marché, sur le modèle britannique, il a marqué sa préférence pour la «restructuration des activités de banques universelles plutôt que la de rupture de leur structure actuelle», tout en ajoutant qu’il ne fallait pas préjuger des conclusions du groupe Liikanen.

AGEFI, Florence Autret, 26 mai 2012

AGEFI 1, AGEFI 2, AGEFI 3

Europolitics, Manon Malhère, 25.05.2012

Restructuring Banking Sector poses Challenge to EU

As the financial crisis continues to plague the global economy, the question of restructuring the banking sector becomes critical. This reform, already begun in different ways in the United States and the United Kingdom, is a challenge for the European Union.

The question has no answer yet at European level.

“Financial operators should be restructured to reduce systemic risks,” suggested Belgian MEP Philippe Lamberts (Greens-EFA) at a European Parliament conference on this issue, on 25 May. He also stressed the need for “this industry to go back to playing its primary role, namely to serve society” and the real economy.

“We have to work out effective solutions that make it possible to support different banking models while preserving what works well in the European banking sector”, said Internal Market Commissioner Michel Barnier. Banking diversity therefore represents “an additional challenge,” he said, without detailing his views on the direction restructuring should take. The commissioner is awaiting the conclusions of the working group chaired by Finland’s Erkki Liikanen, due this autumn.

The question is particularly complex since there are numerous possibilities (should restructuring be based on a bank’s size or activities, or on the activities of universal banks, or a break-up of structures, etc). “The devil will be in the details,” commented Sharon Bowles (ALDE, UK).

In the United Kingdom, the Vickers report proposes ring-fencing, mainly with the aim of separating retail banking from other activities, in other words to separate these services “from shocks,” notes its author, Sir John Vickers. The idea is to “keep taxpayers as far away as possible from failures of the banking system”. This would not go as far as total separation, which would be extremely difficult (given the many costs), but “we say: you cannot do it in the ring-fencing entity; you can do it in other entities”. In the United States, the ‘Volcker rule’, adopted in 2010, aims to prohibit banks from engaging in speculative trading on their own behalf and thus to protect depositors’ money.

“Limiting own-account trading could be an effective way to reduce systemic risks,” said Barnier. But “discussions under way in the United States show the difficulty of fine-tuning this rule and effectively implementing it”.

More generally, he noted that “the solution is not necessarily to import the Volcker rule or to apply Vickers to all of Europe”.

Bloomberg, Jim Brundsen, 25.05.2012

Unsecured Creditors to Take Bank Crisis Losses Under EU Plan

The European Union will seek to give regulators the power to impose write downs on senior unsecured creditors at failing banks as part of measures to get taxpayers off the hook for saving crisis-hit lenders.

The writedown powers would apply to senior unsecured debt and derivatives, while some other claims, including secured debt and deposits that are protected by government guarantee programs, will be protected from losses, according to draft plans obtained by Bloomberg News

Read more here 

The Trade Blog, Chris Hall, 28 May 2012

Beyond Volcker

In Brussels last Friday, Philippe Lamberts MEP, a Belgian member of European Parliament’s Green alliance, pulled off something of a coup by persuading three of the principal architects of financial sector reform to lead a debate entitled, ‘How to restructure the EU banking sector?’

Oxford academic Sir John Vickers, former US central banker Paul Volcker and EU internal market commissioner Michel Barnier were charged with outlining their visions for a safer banking system, based in part on a greater separation of activities, splitting for example investment banking from retail banking and proprietary trading from market making.

All three were supportive of the proposals brought forward in each other’s jurisdictions while carefully explaining why particular measures would not work in their own backyard. There will be no equivalent of the Volcker rule in the UK or Europe. There yet may be no Volcker rule in the US either given the number of objections and get-outs that have introduced since the most celebrated measure of the US Dodd-Frank act was first unveiled. But that’s another story.

Volcker talked of the UK approach as “parallel” to that taken in the US. Vickers’ Independent Banking on Commission seeks, among other things, to ringfence retail banking businesses from higher risk activities undertaken by units within the same group to prevent the British tax payer from ever again bailing out speculation. The Volcker rule has the same aim in mind when it limits US deposit-taking institutions’ ability to invest in hedge funds or private equity funds, or conduct proprietary trading activities. In Europe, Barnier promises to outlaw prop trading, a stance that may yet have implications for how MiFID II redraws the rulebook for dark pools operating in the region’s equity markets.

These measures are controversial enough. Banks invited to share the platform on Friday objected, for example, that ringfencing retail from investment banking in the UK failed the cost/benefit analysis test on grounds that it would cost a huge amount of money to achieve but probably would still leave the tax payer with a huge sum to pay should a systematically important bank topple over in the future. For the record, Vickers stoutly defended his proposals on grounds of cost.

But one of the debate’s participants wanted to go further. Eric de Keuleneer, a former head of corporate and investment banking at Generale Bank, a forerunner of Fortis, and now professor of finance and regulation at Solvay Brussels School of Economics and Management, argued that it was time to address the causes of a previous crisis, not just the GFC. The originate and distribute brokerage model had been a “disaster” in the 1990s, said de Keuleneer, pointing to its roll in the dot.com bubble that wiped billions off the value of the Nasadaq composite index when it burst in 2000. The means by which investment banks identified potential IPOs in Silicon Valley, then wrote glowing research reports that predicted stellar revenues, only to watch stock values to plummet soon after launch has uncomfortable associations with the way mortgages were repackaged and sold on to unsuspecting investors in the mid 2000s, precipitating the crisis. Now, the difficulties of the Facebook IPO have brought the excesses of the late 1990s still more vividly to mind.

De Keuleneer also asserted that while for commercial banks no major economies of scale exist above a certain size, investment banks’ influence and capacity for harm continued to grow the bigger they got. Size can be useful, he said, but also dangerous, noting the concentration of pockets of the credit default swap market with a handful of banks. When the pendulum starts swinging away from you, sometimes it just keeps going. Despite the fights over Volcker, further regulatory intervention to reshape banking business cannot be ruled out.

Quelques articles pour aller plus loin/ to learn more on the topic:

The Volcker and Vickers Reforms

Making Banks Safer_can Volcker and Vickers do it

Réforme du secteur bancaire Natixis

Finance Watch on E.U. banking structure – analysis and possible solutions

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Une réflexion au sujet de « Conférence exceptionnelle le 25 mai: Volcker/Vickers/Barnier sur la restructuration du secteur bancaire européen »

  1. Merci pour cette conférence : elle fut instructive sous la forme d’exposés « ex cathedra » qui, certes, sont utiles. Mais ne faudrait-il pas ensuite organiser une « Agora citoyenne » qui, sur la base de ces informations, donne l’occasion à des membres de la société civile européenne (à choisir judicieusement) de formuler leurs remarques/recommandations aux MEPs ? Il ne s’agirait pas nécessairement de formuler une position commune consensuelle de la société civile ! C’est évidemment impensable. Mais cela devrait permettre à la société civile d’exprimer haut et clair la panoplie de ses attentes (expectations, en anglais), et aux MEPs d’identifier et de « peaufiner » les arguments qu’ils devront exposer pour justifier les décisions législatives qu’ils adopteront finalement et les compromis qu’ils auront du accepter pour être en mesure de les adopter à la majorité.
    Très cordialement,
    Philippe D. Grosjean

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