Défense européenne: la coopération plutôt que les subventions

Défense européenne: la coopération plutôt que les subventions

Défense européenne: la coopération plutôt que les subventions

La Commission européenne a présenté aujourd'hui son plan d'action sur la défense européenne, décliné en trois volets: un document de réflexion développant plusieurs scénarios, une communication sur la création d'un nouveau Fonds européen de la défense, et une proposition de règlement sur le soutien financier aux industries des armes.

On peut saluer cette initiative qui permet d'ouvrir un vrai débat sur le futur de la défense européenne. Et la Commission a parfaitement identifié l'inefficacité et le gaspillage découlant de l'absence de coopération entre États-membres, et les économies qui pourraient être dégagées en s'y attaquant.

Pourtant, plutôt que de se concentrer sur cet aspect et de formuler des propositions pour y remédier, la Commission Juncker se trompe d'itinéraire. Dans le scénario qu'elle appelle "le plus ambitieux" de son document de réflexion, elle propose de transformer l'Union européenne en une organisation chargée de la défense collective de son territoire, en d'autres termes, une OTAN bis. C'est là une très mauvaise idée: l'Union européenne doit rester un projet civil et investir davantage dans les opérations de maintien de la paix, la prévention des conflits, la diplomatie, le développement économique, social et écologique.

La création d'un nouveau Fonds et la proposition de règlement sur le soutien financier aux industries de l'armement ne sont pas plus judicieuses. Plus de coopération pour la défense et la sécurité ne signifie pas course à l’armement mais mutualisation de la recherche, du développement, de l’investissement ... On dénombre par exemple aujourd'hui dans l'Union européenne plus de 20 projets parallèles portant sur de nouveaux véhicules blindés, ce qui est tout à fait ridicule. Au lieu de tenter d'octroyer aux industries de la défense et de l'armement des financements supplémentaires (que l'on pourrait par ailleurs consacrer à la lutte contre le chômage, au soutien aux petites et moyennes entreprises, au renforcement des régions plus faibles...), il est urgent d'améliorer la coopération et de mettre en commun les achats et les projets. Acheter en commun permettrait aux pays membres d’économiser jusqu’à 30% des dépenses annuelles de défense pour investir notamment dans l’autonomie énergétique et ainsi libérer notre diplomatie de contrats pétroliers ou gaziers avec des régimes peu recommandables.

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