ECOLO refuse la mise en pièce du modèle social européen

21 juin 2011 | Ecolo est et reste favorable à une construction européenne forte qui repose sur ses trois piliers : économique (et fiscal), social et environnemental. En tant qu’écologistes, nous nous battons pour le renforcement du modèle social européen et la garantie des moyens d’une transition écologique de l’économie. C’est toutefois l’inverse qui se produit aujourd’hui dans les dossiers de la crise grecque et de la gouvernance économique européenne. Raison pour laquelle nous soutenons pleinement les revendications portées dans le cadre de l’euromanifestation des syndicats européens ce jour à Luxembourg.

D’une part, Ecolo est favorable à une restructuration de la dette grecque, avec pour objectif de répartir plus équitablement le fardeau entre les citoyens grecs et les détenteurs d’obligations grecques. Il est donc regrettable que les Ministres européens des Finances tardent à décider d’une nouvelle aide à accorder à la Grèce et fassent le pari irresponsable d’une implication volontaire du secteur privé. Ils continuent ainsi de faire peser les risques sur le secteur public et donc les contribuables… ce qui n’est pas de nature à calmer les marchés financiers et les spéculateurs.

L’absence de prise en compte des impacts sociaux des mesures d’austérité prises par le gouvernement grec sous la pression de l’Union Européenne, du FMI et de la Banque Centrale Européenne est également inacceptable aux yeux des Verts alors que l’on sait que l’austérité aveugle a déjà taillé en pièce le modèle social grec, en parfaite incohérence avec les balises sociales posées dans le Traité de Lisbonne. Le remède prescrit par l’Union risque bien de tuer le patient !

D’autre part, le paquet de réformes de la gouvernance économique européenne devant être adopté jeudi au parlement européen est aussi une source d’inquiétude pour Ecolo.

Le fait que la Commission européenne pourra proposer de sanctionner financièrement les pays qui n’obtempèrent pas aux recommandations qu’elle formulera à l’avenir en matière socioéconomique est particulièrement inquiétant, compte tenu des dérives néolibérales dont elle coutumière. Ainsi, si on suit la Commission et les forces politiques néolibérales conservatrices qui comptent voter ces réformes, l’exclusion du chômage des demandeurs d’emploi après une certaine durée, l’allongement de la carrière au-delà de 65 ans, la non indexation des salaires ou la réduction du stock de dette à un rythme qui mettrait à mal la cohésion sociale et l’économie, pourraient être imposées à la Belgique par les institutions européennes, sous la contrainte d’une pénalité financière pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros par an !

Face à ces risques de dérives, les écologistes seront particulièrement attentifs au respect des clauses sociales du Traité de Lisbonne qui veut que « dans la définition et la mise en œuvre de ses politiques et actions, l’Union prend en compte les exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale ainsi qu’à un niveau élevé d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine ».

S’il est impératif d’assainir nos dépenses publiques, il faut le faire à un rythme raisonnable et l’effort budgétaire des Etats européens ne peut pas peser exclusivement sur les dépenses publiques. Des recettes nouvelles doivent être trouvées, par le biais d’une lutte plus efficace contre la fraude fiscale ou de l’instauration d’une taxe sur les transactions financières.

Les Verts se sont battus au travers de pas moins de 200 amendements aux textes proposés au Parlement européen pour imposer le respect du modèle social européen et garantir les moyens d’une transition écologique de l’économie. Nous avons notamment obtenu l’exigence de respect du droit à la négociation et à la conclusion d’accords par les partenaires sociaux dans leur autonomie.

L’évolution de l’Europe politique tant en Grèce qu’au niveau des réformes de la gouvernance économique en cours, nous persuade cela dit chaque jour qu’il est plus que nécessaire de soutenir un autre projet socioéconomique pour l’Europe. Ecolo invite donc à signer la pétition « Changeons l’Europe » qui défend un projet socioéconomique social et durable pour l’Europe.

Ecolo organisera également un débat ouvert au public dans le cadre des Rencontres de l’Ecologie Politique le 22 juin sur la gouvernance économique et sur les prochains défis qui devront nous mobiliser pour changer l’Europe.

Photo (c) AP/Reporters

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