L’approche de l’Eurogroupe est dogmatique et contreproductive !

21 février 2012  | Après les décisions de juillet et d’octobre 2011, les ministres des finances de la zone Euro ont, pour la troisième fois ( !) approuvé cette nuit un deuxième plan d’aide à la Grèce. Pour ECOLO, ces décisions sont trop tardives et sont insuffisantes. L’approche dogmatique de l’Europegroupe risque d’aggraver encore un bilan social dramatique dès lors qu’elle n’offre aucune perspective de redéploiement économique durable !

S’il est positif que les Etats-Membres consentent enfin à prêter des sommes importantes à la Grèce à des taux d’intérêts raisonnables et à renoncer à faire un profit sur les obligations d’Etat grecques qu’ils détiennent en direct ou via la Banque Centrale Européenne, Ecolo déplore que cette aide soit conditionnée à la perpétuation des recettes néolibérales imposées par la Commission européenne, le Fonds Monétaire International et la Banque Central Européenne et ce malgré le fait que leur inefficacité économique (sans parler de leur injustice sociale) soit patente. L’analyse des effets des précédents « plans d’aide » révèle pourtant un sérieux dérapage de la dette publique et une contraction plus profonde encore du PIB. Pourquoi les Ministres des Finances persistent-ils ainsi dans l’erreur ?

Les indicateurs sociaux sont pourtant dramatiques et ont des conséquences lourdes sur une économie grecque durement touchée par cette logique déflationniste ! Tandis que le taux de chômage a explosé en Grèce, en particulier chez les jeunes qui sont désormais près de 50 % à être sans emploi, le pouvoir d’achat de ceux qui ont conservé leur job a diminué de 13 % (source : Eurostat). Autre révélateur de l’abîme dans lequel s’enfonce la Grèce : le taux de suicide a augmenté de 40 % pour la seule année 2011 d’après le Ministère grec de la Santé. Dès lors, la demande exprimée par l’Eurogroupe au peuple grec de consentir à de « nouveaux efforts majeurs » tout comme sa décision de toucher aux pensions plutôt qu’à des dépenses militaires hypertrophiées témoignent du mépris ou de l’inconscience à l’encontre d’un peuple déjà durement touché par la crise.

Ecolo relève également que le rapport des experts sur la soutenabilité de la dette grecque pointe, en dépit des déclarations de l’Eurogroupe, l’impossibilité de ramener celle-ci à 120 % du PIB en 2020, tout en restaurant la compétitivité du pays sur les marchés internationaux. Tout au contraire, des investissements nouveaux et ciblés sont indispensables pour relancer la machine économique. Faute de vision et de lucidité, les Ministres des Finances nient cette évidence, avec le risque d’attiser la voracité des marchés financiers face à l’enlisement durable de l’économie grecque. Et pendant ce temps, le secteur financier s’en tire à bon compte, en voyant la valeur de ses avoirs grecs rabotée de 53.5% seulement.

Dans l’accord de gouvernement Di Rupo Ier, le Gouvernement belge, qui par la voix de son Ministre des Finances Steven Vanackere soutient ce nouveau plan d’aide, s’était pourtant engagé à être « attentif à ce que les conditions mises au soutien d’Etat(s) membre(s) connaissant des difficultés de financement de leur dette souveraine n’entravent pas la relance économique ni ne conduisent à un affaiblissement structurel de leur modèle social. Il est aussi important d’aider ces pays à renouer avec des perspectives socio-économiques favorables ».

Au regard de ce qui précède et de la négation de la clause sociale horizontale inscrite dans le Traité européen de Lisbonne suite à un intense lobbying de… la Belgique, il semble que ce paragraphe relève également d’une déclaration d’intention.

Tant au plan européen qu’au niveau belge, ECOLO plaide tout au contraire pour une intervention plus forte de la Banque Centrale Européenne dans le dossier grec, pour des politiques mieux coordonnées au niveau européen en matière de lutte contre la fraude fiscale et de taxation sur les transactions financières, pour une préservation des politiques sociales et pour une réelle politique d’investissement, notamment en faveur des pays périphériques de la zone euro. Plutôt que des solutions temporaires, qui portent les germes des prochaines crises, c’est la seule façon de sortir par le haut de ce mauvais pas dans lequel s’est mise la construction européenne !

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