La dette grecque révèle le besoin urgent de fédération politique

Débat sur la crise de la dette grecque et ses conséquences pour la zone euro.

Un nouveau plan de sauvetage de la Grèce est-il réellement la solution ou devrions-nous autoriser cette dernière à sortir de la zone euro? Quelques messages adressés aux Ministres des finances de l’UE….

Premièrement, je pense que nous devons présenter à la Grèce un plan qui ait au moins une chance de succès. Un plan qui soit juste et soutenable, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. On constate par exemple que les seules mesures imposées sont des coupes dans les dépenses publiques, sauf en matière de défense! Par ailleurs, aucune contribution n’est exigée de la part des revenus les plus élevés pour sortir, dans un effort collectif, la Grèce de la crise. Dans ce contexte, je comprends pleinement la colère des citoyens grecs dans la rue; pourquoi devraient-ils porter à eux seuls la totalité du fardeau?

Deuxièmement, il faut laisser à la Grèce du temps. Du temps pour que le gouvernement atteigne l’équilibre budgétaire mais aussi pour que le pays puisse retrouver sa compétitivité dans le contexte économique actuel. Cette compétitivité retrouvée se mesurera surtout à travers la qualité des produits et services fournis par l’économie grecque. Nous ne pouvons exiger de la Grèce qu’elle réussisse sa transition du jour au lendemain.

Quelles seraient les conséquences d’un retour au Drachme?

La sortie de la Grèce de la zone euro aurait pour conséquence une dévalorisation immédiate et significative du Drachme, ce qui aurait des implications désastreuses pour la population grecque. En effet, un retour au Drachme ne ferait pas disparaître la dette grecque, libellée, elle, en euros. Cette situation rendrait encore plus difficile l’équation du remboursement, et donc plus douloureuse la sortie de crise. Ce n’est donc à nos yeux ni une solution viable, ni une option à prendre en compte dans la résolution du problème de la dette grecque.

Quant aux déséquilibres au sein de la zone euro: que faire des surplus de l’Allemagne?

L’Allemagne nous dit toujours que nous n’avons aujourd’hui pas de remède à ce genre de situation. Or, vu que rien n’est exigé de l’Allemagne en termes de réduction des exportations, on sait pertinemment bien que nous devrons travailler sur le marché intérieur allemand pour corriger ce déséquilibre.

On sait également aujourd’hui que c’est en partie grâce à son dumping salarial que l’Allemagne est devenue aussi compétitive. Néanmoins, et je le rappelle souvent aux détracteurs de l’Allemagne dans ce débat, elle ne mise pas seulement sur une réduction de coûts mais également sur la création de valeur ajoutée. L’Europe pourrait tirer de bonnes leçons de cette approche. Le bilan de l’Allemagne est donc plus nuancé que certains aiment à pensent.

Union monétaire sans union politique: un pari perdu d’avance?

Historiquement, il n’y aucun exemple d’union monétaire viable sans union politique.
C’est pour cette raison que la zone euro a cruellement besoin d’une convergence économique plus forte, qui passe entre autres par une convergence de certaines politiques économiques clés, telles que les politiques fiscales, qui demeurent l’apanage des Etats Membres. On ne parviendra pas à atteindre ce niveau de convergence renforcé sans construire une véritable fédération politique au niveau européen.

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