Recentrer le business des banques

Mis en ligne le 20/09/2011
Le CEPS a mené une étude pour les Verts européens. Les banques doivent se recentrer sur leurs activités de détail : collecte des dépôts et distribution de crédits. Quelque 26 banques européennes, dont KBC et Dexia pour la Belgique, ont été auscultées par le Centre d’étude des politiques européennes (CEPS) à la demande du groupe des Verts du Parlement européen, qui ont d’ailleurs financé cette radiographie du secteur bancaire.

Le point de départ de cette analyse, portant sur les années allant de 2006 à 2009, était d’établir leur degré de performance et d’exposition aux risques. L’analyse a dégagé trois grands groupes : les banques de détail (retail), les banques d’investissement et les banques de financement de gros. Certaines ont évolué d’une catégorie à l’autre en cours de période, comme ABN Amro, qui s’est retrouvée dans le groupe « banques de financement de gros » à la suite de son rachat par le trio RBS-Santander-Fortis.
Le groupe « banques de détail », sans véritable surprise, s’en sort le mieux. Leur core business est celui du banquier traditionnel : collecter des dépôts et accorder des crédits aux ménages et aux entreprises.  » Ce sont les banques qui affichaient le plus grand ratio de liquidité et la plus faible probabilité de défaut » , note Rym Ayadi, qui a mené cette étude. On y retrouve KBC, qui a dû être secourue par les pouvoirs publics lors de la crise financière.

Dans les catégories de financement de gros (wholesale), on retrouve Dexia. Ce sont les banques  » particulièrement actives sur le marché interbancaire » . « Ce sont les institutions affichant le plus haut risque, souligne Rym Ayadi. Toutes ces banques ont des problèmes et ne sont pas assez capitalisées. »
Cette étude doit permettre de mieux cerner le secteur, ses forces et ses faiblesses. Et surtout éviter que de nouvelles crises viennent ébranler le système bancaire dans son ensemble.
 » Ces résultats révèlent combien les banques très actives sur les marchés financiers tendent à s’exposer davantage à des risques systémiques , remarque le député Ecolo Philippe Lamberts, coprésident du parti vert européen. Ces résultats confortent dès lors la position défendue par les verts européens en faveur d’un recentrage du business model des banques sur leurs activités de détail, en privilégiant la collecte des dépôts et la distribution de crédits aux particuliers et aux PME. »

Les Verts sont les plus en pointe dans le combat pour la réforme du système bancaire.  » Nous ne sommes pas contre les profits, pour autant que ces profits servent l’intérêt général , poursuit Philippe Lamberts. Les crédits sont le sang qui coule dans les veines de l’économie. » Or, selon le député européen, trop de banques pensent d’abord à leurs profits immédiats avant de penser à l’économie.

Bureau De Philippe Lamberts

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