L’avenir de l’euro: qu’en pensent les députés européens?

Le Centre Avec et le JESC (Jesuit European Social Centre) ont interviewé en février 2012 quatre parlementaires européens au sujet de la crise de l’euro: Jean-Paul Gauzès du PPE (Parti Populaire Européen), Sylvie Goulard et Ramon Tremosa de l’ALDE (Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe et moi-même au nom des Verts. Voici quelques extraits de mon analyse:

Le risque de disparition de l’euro existe, s’il n’y a pas d’intégration politique, budgétaire et fiscale. La monnaie unique se veut porteuse d’une intégration politique européenne, mais cette dernière n’a pas eu lieu. Nous avons donc une zone monétaire sans avoir une union politique et fiscale. Voilà la question à laquelle on doit répondre aujourd’hui. (…). Une union budgétaire et fiscale suppose un budget fédéral, suppose bien-sûr des règles communes, mais aussi une capacité d’emprunt commune, et une politique de taxation commune. Or je ne vois pas aujourd’hui majoritairement en Europe, certainement pas au niveau du gouvernements, ni dans les majorités en place, la volonté des réaliser cette intégration politique.

Les euro-obligations (EO), c’est-à-dire la faculté pour les Etats européens de financer collectivement leur dette, est une formule qui a absolument sons sens. (…). Le fait d’emprunter en commun est essentiel parce que cela crée un marché de la dette souveraine qui par nature est attrayant. Je pense que personne ne mettrait en doute que l’Union européenne ne rembourserait pas ses dettes. Le fait de mutualiser nos dettes me semble être une évidence. Mais il est évident que dès que l’on mutualise la dette, on crée des obligations solidaires entre Européens, et donc il est tout à fait logique que cela ne peut se faire sans un échelon de pouvoir fédéral européen. Cette garantie collective doit être soutenue par un ensemble politique collectif. (…).

Ce qui est choquant aujourd’hui, c’est de garantir de manière illimitée la dette privée, à savoir la dette du secteur financier. Les banques peuvent se refinancer de manière illimitée auprès de la BCE à seulement 1%. Quel est l’argument utilisé pour dire que la BCE ne peut refinancer la dette des Etats? C’est l’aléa moral, c’est-à-dire que les Etats n’auraient aucune discipline, s’endetteraient à l’excès et profiteraient du système. Or, c’est exactement ce que font les banques, et on ne trouve pas ça amoral. (…). C’est un biais idéologique du néolibéralisme.

Retrouvez ici l’entièreté de l’article: 2012.09.03_En question 101 L’avenir de l’euro – qu’en pensent les eurodéputés

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