Le Conseil des Ministres européens doit se ressaisir et oser la transition de notre politique agricole

Le Conseil des Ministres européens doit se ressaisir et oser la transition de notre politique agricole

Le Conseil des Ministres européens doit se ressaisir et oser la transition de notre politique agricole

 

20 octobre 2011  | A l’occasion du Conseil des Ministres européens de l’agriculture qui se tient ce jour, Ecolo demande aux ministres belges de se battre pour obtenir de l’Union une réforme profonde de la Politique Agricole Commune (PAC) écologique et solidaire, modifiant les pratiques agronomiques, garantissant un avenir aux paysans, assurant la pérennité d’une alimentation de qualité à l’ensemble des européens et qui permette de relever le défi du réchauffement climatique.

Il y a quelques mois, des signaux positifs étaient apparus annonçant une réforme positive de la Politique Agricole Commune (PAC) via, par exemple, le plafonnement des aides, une plus grande égalité entre agriculteurs européens et le renforcement de la prise en compte de l’environnement dans les pratiques agricoles.

Au vu de la communication du commissaire européen à l’agriculture de ce 13 octobre, force est de constater que, suite notamment à un intense lobby agroindustriel, la proposition de la commission européenne concernant la réforme de la PAC ressemble à un rendez-vous manqué à bien des niveaux :
 Le verdissement de la PAC est pâle et hésitant : à l’exception de l’obligation d’atteindre 7 % des superficies agricoles en surfaces favorables à la biodiversité, le verdissement des aides proposées ne conduira à aucun changement profond de pratique dans la majorité des exploitations tandis que rien ne vient contrecarrer le développement de l’élevage industrialisé, ni favoriser le développement de légumineuses alors que l’Union importe 75% de ses protéines végétales.
 La solidarité reste en berne : le principe de la dégressivité et du plafonnement des aides de la PAC est bon mais le niveau proposé est tellement élevé que l’impact redistributif sera insignifiant. L’absence de remise en cause du principe d’attribution des Droits à paiements uniques (DPU) aux seuls hectares, quel que soit le nombre de personnes travaillant dans l’exploitation, est un cadeau aux spéculateurs fonciers plus qu’aux paysans.
 La régulation de la production et des marchés toujours aux abonnées absentes. Or les récentes crises agricoles et alimentaires ont montré que des mesures de régulation étaient indispensables pour garantir conjointement des revenus décents aux producteurs et une alimentation accessibles aux consommateurs.
 Les propositions de la commission négligent la question de la faim dans le monde et l’impact des aides publiques sur les marchés extérieurs à l’Union et singulièrement sur les populations des pas les plus pauvres. Or, aux yeux des écologistes, les aides accordées à nos agriculteurs ne peuvent être légitimes que si la production européenne est orientée vers son marché intérieur et si, par ailleurs, les pays du sud sont autorisés à se protéger et à exercer leur souveraineté alimentaire.

Les différents renoncements de la Commission traduisent clairement sa volonté de maintenir la PAC dans une logique de compétitivité internationale désastreuse. Si rien ne change, les paysans vont continuer à disparaître et les ressources naturelles à se dégrader.

Le Conseil des ministres de l’agriculture devra, par ailleurs, aboutir à une solution permettant de préserver le PEAD (programme européen d’aide aux plus démunis) jusqu’en 2013 sous peine de donner un signal pitoyable de régression des solidarités au sein de l’Union.

 

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