Le "Green New Deal" pour les nuls

Le « Green New Deal » pour les nuls

Vendredi 16 Avril 2010

Une vague verte ? Ce serait sans doute exagérer, mais tout de même : 11 députés Verts de plus (soit 46 au total) dans un Parlement Européen qui en compte 49 de moins , c’est quand même une belle performance. Et cela, au beau milieu de la crise la plus profonde que rencontre notre modèle de développement économique. On entendait souvent dire que les Verts étaient un luxe qu’on ne pouvait se payer qu’en période de haute conjoncture : les électeurs européens ont démenti cette affirmation.

Un Green New Deal en réponse aux crises

Au cœur de notre campagne – commune aux Verts européens pour la deuxième fois déjà – un concept : un Green New Deal comme seule réponse crédible à « la mère de toutes les crises ». Le nom évoque bien sûr la réponse de l’administration Roosevelt à la dépression des années trente aux USA, mais il est flanqué d’un adjectif qui souligne l’importance de la dimension durable. Ce ne sont pas les écologistes qui les premiers ont défini le concept ; il trouve ses racines dans des travaux académiques au Royaume-Uni et dans une publication conjointe de l’Organisation Internationale du Travail et du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement. Mais nous sommes les seuls à l’avoir développé et à en avoir fait l’axe central de notre campagne européenne.

Le point de départ de la réflexion est que nous sommes à un carrefour historique : pour la première fois, c’est toute l’humanité qui touche aux limites de son espace physique. La manifestation la plus emblématique en est le changement climatique, mais celui-ci ne peut masquer les autres phénomènes inquiétants que sont la perte de biodiversité et l’épuisement des ressources (eau, terres arables, métaux…). Et alors que la population mondiale s’achemine vers 9 milliards d’humains, deux milliards vivent dans la pauvreté et la moitié de ces derniers souffrent de la faim. En 2008, la crise financière puis économique et sociale viennent s’ajouter au tableau. L’idée qu’une simple adaptation du système ne suffira pas commence à faire son chemin : nous sommes à la veille d’un changement de civilisation. Le Green New Deal est la manière pour les écologistes de dire : soyons les acteurs de ce changement, plutôt que le subir.

Mais qu’est-ce donc que ce Green New Deal ? La compréhension la plus commune, qui fait un parallèle avec l’élément le plus connu du New Deal de 1932, est un vaste programme d’investissements d’infrastructure. Il s’agit cette fois moins d’équiper nos pays que de transformer leurs économies pour les rendre plus économes en énergie. Ces investissements doivent devenir le moteur de l’activité économique, créer de l’emploi et relancer le système. Cette conception, si elle n’est pas fausse, est réductrice : le Green New Deal se veut l’amorce d’un changement de paradigme, pas simplement la relance du système, désormais teinté de vert. Il s’agit ni plus ni moins que de réconcilier le développement humain avec les limites de la planète et de le faire de manière socialement juste ; l’économie doit se (re)mettre au service de l’humain, et non plus l’inverse.

On pourrait résumer le volet « investissement » du Green New Deal sous la forme de quatre piliers :

• Investir dans les infrastructures : il s’agit bien, comme je viens de l’indiquer, de transformer notre appareil de production, nos infrastructures énergétiques et de transport ainsi que notre agriculture pour les rendre non seulement sobres en énergie, mais aussi économes en ressources non renouvelables. Par exemple, si en passant du moteur à combustion interne à l’électro-mobilité, on en vient à épuiser en quelques années les réserves de lithium (pour les batteries), on n’aura pas résolu le problème de fond. Il faut donc prendre l’ensemble de l’équation ressources  produit/service en compte, et pas juste le facteur énergétique. Dans les économies développées, ces investissements auront pour but la transformation de l’existant, tandis que dans les pays émergents ou en développement, il s’agira plutôt d’équipement premier.

• Investir dans les systèmes de sécurité sociale : bien qu’ils soient inégalement développés (et aient été parfois mis à mal) au travers de l’Europe (pour ne rien dire du reste du monde) les systèmes de protection sociale ont fait la preuve qu’ils jouent un rôle essentiel pour amortir les chocs de crises et pour garantir les conditions d’une existence digne. Il est donc temps d’inverser la tendance qui visait à les restreindre et/ou à les privatiser. Toutefois, il s’agit de les établir sur une base qui équilibre les droits et les responsabilités : le but de la protection sociale est de (re)donner au citoyen les conditions de son autonomie, pas de l’installer dans la dépendance. C’est dans cette perspective que la protection sociale – par exemple en termes de politique d’emploi ou de santé – est bien un investissement, pas simplement une mesure défensive.

• Investir dans l’innovation : reconnaissons-le, nous n’avons pas aujourd’hui toutes les clés d’un mode de développement à la fois socialement juste et soutenable sur le plan environnemental. Qu’il s’agisse de technologies, de business models ou de modes de vie (et les uns permettent souvent les autres), beaucoup reste à inventer. L’innovation, c’est plus que l’invention technologique : c’est être capable de penser en dehors du modèle, de marier des concepts a priori étrangers les uns aux autres et d’en tirer des solutions praticables et efficaces. Le Green New Deal veut donc à la fois favoriser une culture de l’innovation, mais aussi s’en donner les moyens financiers et humains.

• Investir dans l’éducation et la formation : On le voit, les trois premiers piliers d’investissements requièrent non seulement des moyens financiers, mais aussi des femmes et des hommes pour les réaliser. On ne peut nier qu’aujourd’hui, alors que le chômage explose, nous sommes en pénurie dans … l’enseignement (!), dans les soins de santé, mais aussi dans toutes les professions techniques. Certains pourraient voir là une conception purement utilitariste de l’enseignement mais on ne réalisera pas un Green New Deal sans remédier à cela. Mais plus important encore : si nous croyons vraiment être à l’aube d’un changement de civilisation, nous ne réussirons pas cette mutation « d’en haut ». Nous aurons besoin, collectivement, de la créativité, de l’initiative, de l’engagement petit ou grand de chacune et de chacun pour y arriver. Et cela suppose que nos systèmes d’enseignement forment d’abord et avant tout des citoyen(ne)s curieux, créatifs et responsables.

Il faut à ce stade éviter un malentendu : il ne s’agit pas ici que la puissance publique soit l’unique ou même le principal investisseur. Qu’il s’agisse des infrastructures ou de l’innovation, l’objectif sera de mobiliser l’investissement privé (des ménages ou des entreprises) qui devra fournir la plus large part de l’effort.

Notre conviction est qu’en eux-mêmes, ces quatre piliers d’investissements constitueront les moteurs de la création d’emplois durables et décents dans les décennies qui viennent. C’est ainsi que nous définissons les emplois « verts » : il s’agit tout autant de créer des emplois dans les filières vertes proprement dites que de verdir les emplois existants. Soulignons au passage que le modèle actuel a voulu maximiser la productivité du travail humain au détriment à la fois des conditions de ce dernier et de la productivité des autres facteurs, en particulier les « externalités » environnementales. Une inversion de la logique nous conduira, dans certains domaines comme l’agriculture, à une plus forte intensité en emplois (corrélée ici à une moindre intensité en intrants chimiques).

Ces quatre piliers d’investissements doivent à leur tour s’appuyer sur deux fondations essentielles : la fiscalité et la régulation des marchés. Sans elles, un Green New Deal est tout simplement impossible.

• La régulation des marchés : c’est peu dire que l’éclatement de la crise financière a démontré, s’il le fallait encore, que la fameuse « main invisible » du marché, qui devait garantir son fonctionnement au profit de l’intérêt général, était invisible pour une bonne raison : elle n’existe pas. Les marchés, en particuliers financiers, sont devenus des lieux opaques, dominés par des acteurs dont la taille et les moyens leur confèrent une puissance qui annihile toute compétition réelle ; le tout au seul profit à court terme de l’actionnaire. Contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas pour éliminer le marché que les Verts veulent des régulations simples et fortes ; c’est au contraire pour leur permettre de fonctionner. L’épuisement des ressources, le réchauffement climatique, l’aggravation des inégalités et de la pauvreté sont autant de signes de marchés dysfonctionnels. L’autorégulation n’est pas une option : seuls les pouvoirs publics, qui ont pour mission première de défendre l’intérêt général (y compris celui des générations futures) sont habilités à produire ces règles et à en garantir le respect.

La régulation, ce sont aussi les normes – par exemple en termes de produits, de conditions de travail, de respect de l’environnement – qui fixent les objectifs mais aussi les limites que doivent respecter les activités humaines, lesquelles traduisent à la fois celles de notre environnement physique et celles de la que nous imposent la définition d’une existence décente pour chacun.

• La politique fiscale : tant par son volet recettes que par son volet dépenses, la politique fiscale est un instrument essentiel d’un Green New Deal. Qu’on examine les quatre piliers d’investissements verts évoqués plus haut, on voit que le rôle de la dépense publique est soit premier, soit, par les subsides ou les investissements-pilotes un catalyseur de l’investissement privé.

On nous objectera que dans l’état actuel des finances publiques, tout cela est bien sûr souhaitable, mais devra attendre que soit passée la cure d’austérité. C’est bien sûr ignorer la nécessité de revoir de fond en comble le volet recettes. L’Etat, dont la crise a rappelé l’importance centrale, doit retrouver les moyens de ses politiques. De ce point de vue, il s’agit de mettre en route un quadruple mouvement :

o Réduire la fiscalité des revenus du travail – en particulier du travail le moins qualifié – vers les autres formes de revenus et de propriété : revenus du capital, capital proprement dit et profits des entreprises.

o Instaurer une fiscalité sur le carbone, laquelle doit à la fois permettre d’intégrer les externalités négatives dans les prix et de financer les investissements de transformation des infrastructures ;

o Instaurer une fiscalité sur les transactions financières, qui ait à la fois pour but d’élargir l’assiette des recettes fiscales et de mettre à contribution (à décourager) la spéculation financière ;

o Enfin, il s’agit d’inverser la tendance et d’accentuer à nouveau la progressivité de l’impôt ; c’est vrai bien sûr pour l’impôt sur le revenu mais c’est également une condition essentielle pour qu’une taxation sur les ressources non-renouvelables soit socialement juste.

On le voit, le rôle de la fiscalité ne se borne pas à restaurer la viabilité financière des services publics ; il s’agit aussi de rendre financièrement payants les comportements et activités vertueuses (au sens qu’elles s’inscrivent dans une dynamique de développement durable) et de pénaliser celles qui ne le sont pas.

Qu’on s’entende donc bien : le Green New Deal n’est pas une fin en soi, mais l’instrument de la transformation nécessaire de notre modèle de développement. Il s’agit d’accoucher d’un modèle de développement qui soit centré sur l’être humain, dans toutes ses dimensions (dès lors pas seulement matérielles), qui soit compatible avec les limites physiques de notre environnement et qui soit socialement juste à la fois dans l’espace (dimension nord/sud) et dans le temps (vis-à-vis des générations futures).

Une pédagogie de la transformation

Si l’on a vu, ces dernières annnées, fleurir du vert un peu partout, des voitures à l’électro-ménager, de la publicité aux bilans des entreprises sans oublier bien sûr dans les programmes politiques de la plupart des partis, peut-on en déduire que nos sociétés européennes se sont engagées sur la voie d’un Green New Deal ? Rien n’est moins sûr. En effet, il ne faut pas gratter loin sous la surface pour constater qu’il ne s’agit la plupart du temps de rien d’autre que de ravaler en vert la façade d’un système économique qui a choisi la croissance de la production (de biens ou de services) comme finalité, sans se poser la question de la finalité même de cette production. Ce modèle est bien à la source des déséquilibres profonds que nous constatons, qu’il s’agisse des inégalités sociales ou de la destruction environnementale.

La stratégie EU 2020, qui doit en principe fédérer l’action socio-économique des 27 Etats-membres de l’Union, en est un bon exemple. Ce qu’elle vise, c’est bien la croissance du PIB. Certes, pour reprendre son langage, plus verte, plus intelligente et plus inclusive, mais la croissance quand même, alors que le lien entre la croissance et le bien-être et avec la soutenabilité environnementale est tout sauf démontré empiriquement. Qu’on en juge sur la période récente, qui a vu au sein de l’Union une croissance modérée mais continue couplée à l’accroissement des inégalités, à la consommation de tranquillisants, à la perte de biodiversité…

Et pourtant, au cours de la campagne européenne et depuis, il me semble qu’un nombre chaque jour plus grand des citoyens européens prend conscience qu’une simple adaptation du modèle actuel de développement ne nous suffira pas ; que c’est bien d’une transformation profonde du modèle que nous avons besoin. Cela se manifeste bien sûr par l’amélioration des résultats électoraux des écologistes, mais aussi par quantité d’autres indices : croissance des réseaux d’alimentation bio, recours au transport collectif, afflux des capitaux dans les banques éthiques…

Un mouvement semble donc exister ; comment l’accélérer, comment le généraliser ? C’est là que se pose la question de la pédagogie de la transformation, qui est au cœur de la mission de l’écologie politique. Pour mobiliser nos sociétés, voici quelques balises de notre action

• Une orientation résolue vers les solutions : faisons l’hypothèse que la conscience des problèmes posés par les crises que nous vivons est suffisante et mettons l’accent sur les solutions qui existent déjà. Certes, les Verts n’ont ni une vision complète et opérationnelle du monde de demain, ni l’ensemble des solutions pour y arriver. Notre rôle est de repérer ces solutions, de les faire connaître, de catalyser leur mise en réseau et de faciliter, au niveau politique, leur généralisation.

• Combiner la pédagogie des petits-pas à une vision ambitieuse : un électeur et ami me disait en campagne « ce dont les Verts doivent être capables c’est de convaincre chaque citoyen que les premiers pas sur le chemin du changement sont à sa portée ; après le premier pas, les suivants viendront facilement ». Il est vrai que, naturellement, nous avons tous tendance à préférer le statu-quo au changement. Et si, au fond de nous, nous avons le sentiment que le changement nécessaire est profond, cela peut nous tétaniser. Il nous faut donc identifier les premiers pas qui sont à notre portée pour enclencher la dynamique. Mais sans oublier que ce que nous visons est bien la transformation profonde de notre modèle de développement.

• Tisser des alliances : on a souvent critiqué les Verts pour refuser de choisir (ou au contraire pour choisir) un camp politique. Si sur le plan de la justice sociale, nous nous inscrivons sans ambiguïté dans le camp de la gauche, il n’est pas moins vrai que le choix de l’autonomie, de la responsabilité nous rattachent aussi à une tradition libérale. Il est tout aussi vrai que les familles politiques qui dominent encore en Europe se sont toutes construites dans et avec le modèle de développement que nous remettons en cause.

Quand bien même les Verts seraient à 20% partout en Europe, il nous faudra toujours trouver des alliés parmi les forces politiques traditionnelles pour enclencher et accélérer la transformation indispensable, cette révolution verte que nous appelons de nos vœux. Et c’est bien souvent au sein même de chacune de ces familles que se creuse, petit à petit, ce que j’appellerais la version moderne du clivage entre parti du mouvement et parti de la conservation. Cela se manifeste en particulier au Parlement Européen, ou les frontières sont plus perméables.

Ce qui est vrai dans la sphère politique l’est aussi dans le monde syndical ou dans le monde de l’entreprise. Les logiques de représentation collective font que souvent, l’un et l’autre calent leur discours et leur action sur le moins-disant, c'est-à-dire sur la ligne la plus conservatrice. C’est en menant un dialogue plus ouvert et plus approfondi avec des acteurs individuels que nous pouvons alors identifier les alliés d’une véritable stratégie de transformation. A titre d’exemple, avant Copenhague, alors que les fédérations patronales imploraient littéralement les politiques de ne pas accepter un objectif de réduction des émissions supérieur à 20%, plusieurs entreprises – PME comme multinationales - laissaient entendre clairement qu’elles étaient demandeuses d’objectifs ambitieux – 30% ou plus – car elles y voyaient le véritable moteur de leur… croissance !

Ces trois balises représentent autant de défis pour les Verts. Pendant des décennies, nous avons été les Cassandre de la société de consommation et nous n’avons pas été immunisés contre un discours qui faisait appel au ressort de la peur. Aujourd’hui nous devons être porteurs d’un projet positif, qui mobilise la créativité et l’esprit d’entreprendre et ce dans un contexte anxiogène. Néanmoins, le risque existe aussi pour nous, en nous faisant les pédagogues des petits pas, d’oublier que l’objectif reste une transformation profonde de notre modèle de développement, et ce afin d’attirer et de conserver les suffrages. Enfin, la question des alliances nous impose d’être capables de jeter des ponts en dehors de nos « zones de confort » habituelles qu’ont été les ONG et les services publics, en particulier le monde de l’enseignement. Cela suppose une attitude plus ouverte, un discours et un langage plus diversifiés et donc une capacité de nous diversifier, d’accueillir en notre sein des acteurs de changement venus de tous les horizons de la société, qu’il s’agisse par exemple du monde de l’entreprise (travailleurs, managers et dirigeants), des indépendants…

Conclusion

Je suis passé en politique à plein temps en 2009, au cœur même d’une crise qui signale la fin d’un modèle. Certes, la période qui s’achève a vu l’accès de milliards d’êtres humains à une sécurité et à un confort matériels incontestables. Mais cela s’est fait au prix de l’exploitation des personnes et des ressources de la plus large partie de la planète. Aujourd’hui, la Terre s’épuise (et le dérèglement climatique n’en est qu’un symptôme) et les milliards d’êtres humains qui n’ont pas jusqu’ici eu accès à des conditions de vie décentes ne tolèreront plus leur sort, surtout s’il leur est dicté par une minorité.

Que nous le voulions ou non, nous vivons donc à l’aube d’un changement de civilisation. Pour la première fois, la race humaine dans son ensemble est confrontée aux limites de son espace physique. Comme Jared Diamond l’a fort bien expliqué, cette expérience a été vécue à plus petite échelle par quantité de sociétés humaines. C’est de leurs choix qu’a finalement dépendu leur survie ou leur effondrement. Ce choix est le nôtre aujourd’hui et la responsabilité du politique est de faire en sorte que les termes en soient clairs et que la délibération en soit démocratique.
Ce défi est aussi une chance pour les Européens. Ayant été à la source d’un modèle de croissance sans issue, soyons capables d’être les pionniers d’un développement socialement juste, affranchi de son addiction au pétrole, efficace dans l’utilisation de ses ressources matérielles et offrant à chacun de nos concitoyens présents et à venir l’espace pour déployer la richesse de ses potentialités. C’est à cette aune que le reste du monde jugera notre contribution au 21ème siècle ; c’est à ce prix que nous conserverons voix au chapitre sur la scène mondiale.

Pouvais-je rêver d’un contexte plus mobilisateur pour devenir parlementaire européen ?

Philippe Lamberts

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