Le pacte pour l'euro plus: une blague de mauvais aloi

Le pacte pour l’euro plus: une blague de mauvais aloi

Ce mardi 5 avril 2011, je suis intervenu en séance plénière du Parlement européen pour interpeller le président du Conseil, Mr Van Rompuy, sur le pacte pour l'euro plus: un ensemble d'engagements politiques entériné par les dirigeants européens le 25 mars dernier à Bruxelles. Selon mon point de vue, les mesures énoncées dans ce pacte - centrées essentiellement sur la déflation salariale et les coupes sociales - ne sont pas de nature à pouvoir sortir l'Europe de la crise actuelle.

"Monsieur le Président Van Rompuy, je respecte beaucoup à la fois votre personne et votre travail mais sachez que vous ne m'avez vraiment pas convaincu. Vous dites: les travailleurs ne doivent pas s'inquiéter, on travaille pour eux.
Moi ce que je lis quand je regarde le "pacte pour l'euro plus" comme vous l'appelez, c'est que quand on parle de compétitivité, on parle de réduire les salaires, de plus de flexibilité et moins de sécurité. On ne dit rien sur la productivité de nos ressources, on ne dit rien sur la productivité de l'énergie. Ce qui est sûr c'est qu'on ne gagnera jamais la course au bas salaire contre la Chine, par contre la Chine est bien partie pour nous battre sur l'efficacité énergétique et sur l'efficacité en termes de ressources. Qu'est ce qui restera alors à l'Europe en termes de compétitivité si ce n'est pas sur ces terrains-là que nous avançons?


Le pacte pour l'euro plus: une blague de... par Plamberts

Vous nous dites: il ne faut pas que les allocataires sociaux s'inquiètent...
Mais sur l'équilibre des finances publiques - objectif raisonnable - vous dites qu'il faut couper dans les dépenses publiques (et 40% des dépenses publiques sont de nature sociale...) et il ne faudrait pas s'inquiéter?
Vous nous dites aussi: nous nous occupons des recettes. Les recettes, parlons-en justement. La CCCTB, la base imposable consolidée pour les entreprises. C'est une véritable blague! Vous en parlez au conditionnel, vous dites que de toute façon ça doit être neutre du point de vue des revenus - donc on n'aura pas un euro de plus avec ça - et en plus de ça de toute façon le choix sera laissé aux entreprises. Je n'ai jamais vu personne choisir dans ses options fiscales, celle qui lui coûte le plus...Par contre ceux qui ne doivent vraiment pas s'inquiéter ce sont les actionnaires et les créanciers des banques.

Vous nous parlez de "stress-test"; ceux de l'an dernier étaient une blague, je ne sais pas si cette année-ci ce sera la même blague de mauvais aloi mais ce qui est sûr c'est que de toute façon même si ces stress-tests sont sérieux, à la fin, qui va recapitaliser les banques? Leurs actionnaires ou bien nous les contribuables? Soyons sérieux! De toute façon pour eux visiblement il ne faut pas s'inquiéter...

Et enfin on ne parle pas de l'éléphant qui est dans le salon, à savoir l'insoutenabilité totale de la dette grecque et de la dette irlandaise. Vous le savez, il n'est tout simplement pas possible qu'ils parviennent à la rembourser. Et plus tard on restructurera, plus douloureux sera l'exercice. Ce ne sera jamais un exercice plaisant, mais vous attendez et ça nous coûtera cher. Merci".

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