Morts à Gaza : une violence injustifiable

Morts à Gaza : une violence injustifiable

Morts à Gaza : une violence injustifiable

Blocus ou plutôt siège de Gaza, colonisation rampante de l'essentiel des territoires occupés dans une Cisjordanie isolée derrière un mur de plus en plus hermétique, processus de paix en coma profond : voilà un cocktail détonant qui n'attendait qu'une étincelle pour exploser. Donald Trump l'a fournie en transférant à Jérusalem l'ambassade des États-Unis en Israël. Quoique l'on puisse penser de la nature du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, et de la manière dont il peut vouloir instrumentaliser la désespérance des Palestinien-ne-s à son profit, la violence utilisée hier par l'armée israélienne est totalement disproportionnée et injustifiable. Au moins 58 Palestiniens, dont 6 enfants (l'une n'avait que 8 mois), ont été tués hier par les soldats israéliens, et plus de 1300 blessés. Qualifier de terroristes l'ensemble des victimes de ce déchaînement ne trompera personne.

Il n'y aura de paix durable au Moyen-Orient que si sur cette terre, tou-te-s les habitant-e-s – quelle que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques, leur langue ou leur origine - peuvent aspirer à mener une vie dans la dignité. Sortir de la violence exige d'abord et avant tout un processus politique et le respect du droit international, que les actes unilatéraux des gouvernements menés par B. Netanyahu visent à rendre impossibles.

Il est temps pour l'Union Européenne de sortir de l'ambiguïté : c'est parce que nous sommes attachés à la solution à deux États – Israël et Palestine – qu'il est urgent pour l'UE d'utiliser tous les moyens de pression à sa disposition pour faire mettre un terme au blocus de Gaza et à la colonisation des territoires occupés, qui rendent cette solution impossible. Le Parlement européen a adopté plusieurs résolutions demandant à l'État d'Israël de se conformer au droit international, et l'attitude d'Israël à l'égard de la Palestine contrevient à l'article 2 de l'accord d'association UE-Israël. Avec 66 autres eurodéputés, je le rappelais encore voici quelques mois http://www.philippelamberts.eu/…/Lettre-MEPs-Netanyahu-11-d…

L'Europe n'a pas à attendre une éventuelle reprise d'un processus international pour agir: elle peut et doit dès aujourd'hui appliquer de manière effective une politique de différenciation qui distingue entre les frontières internationalement reconnues d'Israël et les territoires occupés, et ainsi s'assurer que ses relations avec Israël –commerce, coopération scientifique, culture etc – en aucune façon ne contribuent à renforcer une politique colonialiste d'une ère révolue. Ainsi, l'Europe pourra faire comprendre au gouvernement et à la population israélien-ne-s que l'occupation et ses violences ont un coût. En outre, tout commerce des armes et coopération sécuritaire de nos États membres avec Israël doit se conformer à nos propres règles européennes: c'est à dire cesser immédiatement. Aussi, une remise à plat de la politique européenne d'assistance dans la région est indispensable – en l'absence d'une voix diplomatique digne de ce nom, cette aide (considérable) in fine ne fait que subventionner l'occupation israélienne aux frais des contribuables européens.

Quant à la Belgique, elle a aussi un rôle à jouer : Ecolo le rappelle dans son communiqué de presse, que je partage https://ecolo.be/morts-a-gaza-la-belgique-doit-faire-enten…/

Image : CC (Flickr)

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