Nom d'un chien, ce cheval nous fait un effet boeuf!

Nom d'un chien, ce cheval nous fait un effet boeuf!

Nom d’un chien, ce cheval nous fait un effet boeuf!

Le scandale de la lasagne au cheval a de quoi nous faire hurler à plus d'un titre. Bien évidemment, il démontre à quel point il est aujourd'hui possible de vendre n'importe quoi sous n'importe quelle étiquette. Sans doute grâce aux efforts de l'agro-business qui lutte sans relâche contre toute forme d'étiquetage permettant aux consommateurs de manger en toute connaissance de cause, et ici en l'occurrence, d'origine (cfr par exemple le lobbying de l'industrie agro-alimentaire contre l'étiquetage OGM). Plus précisément, il suscite chez moi une profonde indignation sur trois aspects.

Première indignation: le scandale illustre à merveille l'absurdité des circuits qu'emprunte l'agro-business moderne; qu'on en juge sur le cas d'espèce des fameuses lasagne Findus (merci au Monde du 16 février 2013 pour l'infographie). On ne peut que suspecter qu'à l'instar des circuits obscurs de la finance, la complexité du parcours soit d'abord et avant tout l'instrument idéal pour brouiller les pistes de la traçabilité et pour maximiser le profit des intermédiaires. Au mépris du consommateur et du producteur.

Deuxième indignation: ce scandale révèle des dysfonctionnements plus profonds de la chaîne alimentaire. Sous la pression croissante exercée par les plus grands acteurs de la grande distribution (les supermarchés), les producteurs sont contraints de prendre toujours plus de risques, pour se plier à des prix toujours plus bas, et toujours moins représentatifs des réels coûts de production.

Enfin, troisième indignation: ce scandale met en lumière une déconnection grandissante et inquiétante entre les citoyens et l'origine des aliments qu'ils consomment. Les plats préparés - ou en d'autres termes la malbouffe - donnent l'illusion qu'une alimentation équilibrée "toute faite" est possible, et pas chère, qui plus est. Rien n'est moins vrai. Il est grand temps de remettre l'alimentation, avec un grand A, au goût du jour, et de se réconcilier avec une cuisine, saine, locale et de saison.

La réforme de la PAC qui se joue actuellement en trame de fond doit être l'occasion d'une réelle révolution citoyenne, favorisant une agriculture écologique, des circuits courts, et la fin d'un système au service des intérêts de l'agro-business.

 

 

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