Quand on veut, on peut taxer

Les Verts ont conçu techniquement une taxe sur les transactions financières (Article paru dans le quotidien La Libre Belgique du 29 septembre 2010)

Des années qu’on en parle (et qu’on risque d’en parler encore) : la taxe sur les transactions financières (TTF) a beau être soutenue par l’Allemagne et la France, elle reste de l’ordre du virtuel. Critiquée par des Etats du G20 comme de l’Union. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, l’a encore déclaré lundi à Bruxelles à une pleine salle d’eurodéputés : cette taxe « n’est pas souhaitable pour des raisons économiques et financières, et, pour des raisons techniques, il y aurait d’énormes difficultés à la mettre en place ».

Pour tordre le cou à ces canards, les Verts ont présenté mardi une étude destinée à « répondre aux contre-vérités de ceux qui, pour des raisons idéologiques, s’opposent à cette taxe », explique l’eurodéputé français Pascal Canfin. Ils ont ainsi conçu une taxe sur la plupart des transactions financières effectuées dans l’Union – actions et obligations, produits dérivés et devises – de telle sorte qu’elle évite au maximum les dégâts collatéraux (le risque de déplacement des transactions financières sur d’autres sites, par exemple). D’ailleurs, tous les produits ne peuvent être taxés, comme les dérivés sur les matières premières, par exemple, notent-ils.

Cette taxe « est socialement juste, peut générer des dizaines de milliards d’euros, est facile et peu coûteuse à collecter, et régule les marchés financiers », analyse M. Canfin. « Rien ne dit qu’elle augmentera la volatilité des marchés », ajoute son collègue belge Philippe Lamberts. Elle devrait même plutôt avoir « un effet stabilisateur ». « De toute façon, le seul moyen de connaître son impact est de l’essayer ! » Et « imaginons que nous ayons tort, nous pouvons toujours la retirer après cinq ans », embraie M. Canfin.

Cette taxe permettrait en tout cas de lutter contre la spéculation et de générer de nouvelles recettes fiscales, jusqu’à 190 milliards d’euros, avec un taux de 0,05 % sur la valeur nominale des transactions, évaluent les Verts. S’il faut « dépenser plus sagement », remarque M. Lamberts, inquiet pour le modèle social du Vieux continent, « il ne faut pas ignorer le côté des ressources ». Reste à voir ce que le Conseil des ministres, sous présidence belge, pourra faire. Didier Reynders « se dit en faveur de la taxe, mais je ne suis pas sûr qu’il la pousse beaucoup auprès de ses collègues  » Avec cette étude, les Verts veulent démontrer que « rien n’empêche l’Europe d’introduire une TTF, si ce n’est le manque de volonté politique ».

Etude des Verts sur la TTF – principales conclusio.. (46.13 Ko)

Etude complète (en anglais).pdf (185.04 Ko)

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