Réforme bancaire: vers une réforme en trompe-l’œil

25 novembre 2013 | Ecolo a pris connaissance des principes de la réforme bancaire proposés par le Ministre des Finances et abordés par le kern fédéral ce lundi matin. Cinq ans après une crise bancaire qui a frappé durement les citoyens et qui a causé des dégâts énormes à notre économie, les écologistes s’étonnent et s’inquiètent de la tiédeur des mesures annoncées en matière de séparation des métiers bancaires.

En choisissant, comme l’Allemagne et la France, malgré les promesses de l’actuel Président Hollande, la voie d’une réforme en trompe-l’œil et de la préservation du modèle des banques universelles, le Ministre des Finances a lui aussi cédé au lobby des grandes banques. En refusant de séparer banque d’affaires et banque de dépôt, Koen Geens n’entend rien résoudre aux risques que font peser les finances publiques la finance casino qui a conduit à la précédente crise bancaire. Sans cette séparation, les banques universelles continueront à profiter de leur statut de « too big to fail » pour bénéficier d’un subside implicite des Etats et continuer à leur dicter leur loi.

La mesure d’extension de l’exonération d’impôt de 1830 euros à tous les intérêts et dividendes risque aussi de peser très lourdement sur des finances publiques en ne résolvant par ailleurs pas la question fondamentale de l’affectation de l’épargne au financement de l’économie réelle. En la matière, Ecolo préconise plutôt la mise en place d’un livret Vert, à taux fixe et attractif pour les citoyens et qui pourrait contribuer au financement des PME, de l’isolation des logements, des activités technologiques de pointe… et donc à la création d’emploi.

Au total, et malgré des propositions qui méritent d’être étudiées concernant les bonus des banquiers, la réforme proposée par le Ministre des Finances apparait comme une réforme en trompe-l’œil, qui ne rencontre qu’une partie des enjeux auxquels est confronté le secteur bancaire.

Ce que les écologistes attendent et soutiennent en matière bancaire, c’est le retour au métier sain, encore assumé aujourd’hui par les plus petites banques, de collecte de l’épargne et de financement de l’économie réelle. Les perspectives que Koen Geens nous offrent aujourd’hui, nous en écartent malheureusement.

Philippe Lamberts & Georges Gilkinet

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