Réforme de la PAC: le Parlement européen nous pose un lapin

Réforme de la PAC: le Parlement européen nous pose un lapin

Réforme de la PAC: le Parlement européen nous pose un lapin

20 novembre 2013, Session plénière, Strasbourg

Le Parlement européen a adopté aujourd'hui le paquet législatif qui vise à réformer la Politique Agriculture Commune (PAC). Les origines  de cette politique remontent à la naissance de l'UE et aujourd'hui encore, elle reste l'un de ses piliers principaux (elle comptera pour près de 40% du budget total de l'UE pour la période 2014-2020). La réforme qui a été négociée entre 2010 et 2013 – et qui se clôture avec le vote d'aujourd'hui – représentait un rendez-vous historique. Pour la première fois, le Parlement européen – l'institution qui représente les intérêts des citoyens - avait le pouvoir de décider du futur de cette politique, au même titre que les Ministres de l'Agriculture des États membres de l'UE (représentés au sein du Conseil).

C'était un rendez-vous historique parce que la PAC a souvent été critiquée pour sa grande complexité, son opacité et les inégalités énormes qu'elle crée à l'avantage des grands producteurs et propriétaires terriens; des critiques directes adressées aux décideurs politiques responsables des réformes successives de la  PAC, c'est-à-dire la Commission européenne et le Conseil. Avec l'arrivée du Parlement européen dans l'arène, beaucoup espéraient que cette réforme marquerait un vrai tournant pour (enfin) corriger les effets les plus pervers de cette politique, notamment sur l'environnement. 

Mais le Parlement a manqué son rendez-vous.  Là où il aurait dû aller plus loin que la Commission européenne et contrer les ambitions du Conseil de sauvegarder les intérêts nationaux, il a parfois poussé la PAC vers plus de conservatisme et plus de flexibilité dans la mise en oeuvre des mesures, environnementales entre autres. Le vote d'aujourd'hui est donc une immense déception pour les Verts et tous ceux qui espéraient voir le Parlement porter une réforme fondamentale. En particulier, la PAC de demain ne garantira pas un plafonnement des paiements les plus élevés. Elle ne redirigera pas les ressources à destination des plus grosses exploitations vers celles qui en ont réellement besoin. Pire, elle permettra de transférer une partie du budget normalement allouée au développement rural, vers les paiements directs des États membres, même s'ils s'élèvent déjà au-dessus de la moyenne européenne. Et pour couronner le tout, la fameuse proposition de "verdissement" est à présent truffée d'exceptions et de possibilités de dérogation, de sorte que la PAC ne sera résolument pas l'initiatrice d'une révolution agro-écologique en Europe.

Cet article a été rédigé par Louise Knops, assistante parlementaire de Philippe Lamberts

Retrouvez une intervention du parlementaire José Bové, en plénière de Strasbourg pendant le dernier sur la réforme de la PAC 2013:

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