Sortie du nucléaire: une double évidence

Entre ceux qui ne jurent que par le nucléaire, comme la France, et ceux qui l’ont banni, comme l’Autriche, les pays européens se déchirent sur l’avenir de cette source d’énergie.

Etat des lieux du nucléaire dans les grand pays européens

11. avril 2011: la catastrophe de Fukushima révèle que malgré toutes les précautions, le pire peut arriver. Cet événement relance donc le débat sur le choix du nucléaire comme source d’énergie en Europe. Avec ses 17 réacteurs, l’Allemagne a opté pour une sortie un peu plus rapide que prévu, avec comme mesure d’urgence l’arrêt pendant trois mois de ses 7 plus vieux réacteurs. La sortie définitive étant fixée pour 2022. En Italie et en Espagne, la catastrophe nucléaire a également ralenti les projets de développement nucléaire. La France et le Royaume Uni par contre ne remettent pas en cause le choix énergétique de l’atome. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs rappelé que le nucléaire demeure indispensable à son pays, qui dispose de 58 réacteurs. Le Royaume Uni maintient également sa ligne de conduite et poursuit ses projets de renouvellement de ses 19 réacteurs, qui devraient être fonctionnels d’ici 2018. Dans d’autres Etats membres tels que l’Autriche ce débat n’a pas lieu étant donné que dès 1999 ce pays avait inscrit dans sa constitution la non-utilisation du nucléaire.

Est-il possible de sortir du nucléaire à échéance de 10, 20, 30 ans?

Philippe Lamberts: « La question est en réalité double: Premièrement, devons-nous sortir du nucléaire, et si oui à quelle échéance? Deuxièmement, cette sortie est-elle techniquement réalisable? La réponse est doublement positive.

La sortie du nucléaire s’impose aujourd’hui comme un impératif; l’uranium n’étant pas une ressource infinie, nous devrons tôt ou tard nous en passer. L’échéance et le calendrier précis de sortie dépendra par contre des circonstances de chaque pays. Il est clair que l’exécution de cette décision politique prendra plus de temps en Belgique et en France que dans des pays comme l’Allemagne, ou des pays qui ne disposent que d’une ou deux centrales.

D’un point de vue technique, les possibilités de remplacement du nucléaire par des sources d’énergie renouvelable ne font aujourd’hui plus aucun doute, du moment que trois champs d’action soient mobilisés en même temps: premièrement les énergies renouvelables, deuxièmement l’efficacité énergétique et troisièmement, la réduction de la demande inutile en énergie. Il faut en effet sortir du postulat selon lequel de toute manière la demande énergétique va croître de manière exponentielle. (…) S’appuyer seulement sur des réponses technologiques ne résoudra pas notre dépendance actuelle à l’énergie nucléaire. La solution réside plutôt en un plan d’action ambitieux mais offensif qui se fonde sur les trois piliers que je viens de mentionner. Faire l’impasse sur l’un d’entre eux rendrait l’opération irréalisable. (…).

Ce qui sépare les Verts européens des autres forces politiques actuellement c’est de leur non-prise en compte du nucléaire dans le mix énergétique du futur. En outre, nous réfutons catégoriquement l’argument selon lequel le nucléaire serait une énergie sûre (comprenez sans risque). Pourquoi dès lors les plus grands réassureurs du monde n’assurent-il pas contre le risque nucléaire? Certes, la probabilité d’un accident nucléaire est minime, mais son impact est à ce point colossal qu’il serait impossible d’en couvrir les coûts humains, économiques, sociaux et écologiques. Souhaitons-nous, en tant que société, faire le choix du nucléaire, apparemment si risqué? »


EUROPE HEBDO,Le nucléaire en Europe par

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>