Taxe sur les transactions financières: faites ce que je dis, pas ce que je fais ?

Nouvelle occasion ratée pour la taxe sur les transactions financières

 

Le Parlement européen a loupé le coche, ce mercredi, en n’adoptant pas un amendement au budget 2011 visant à instaurer une taxe de 0,05 % sur les transactions financières. Cette taxe aurait pu rapporter des moyens propres nouveaux à l’Union (entre 80 et 190 milliards d’euros annuels selon les hypothèses) pour des politiques de développement durable et constituer un frein à la spéculation financière. Il s’en est pourtant fallu de peu et les parlementaires européens belges qui ont refusé ce texte portent une lourde responsabilité en la matière, ce qu’ECOLO regrette et dénonce.

L’idée d’une taxe sur les transactions financières est défendue depuis de nombreuses années par les ONG et a même fait l’objet d’un vote par le Parlement belge le 1er juillet 2004. Particularité : son application en Belgique est conditionnée par le fait que tous les Etats membres de l’Union doivent avoir dans leur législation une taxe sur la conversion de devises ou qu’une directive européenne soit adoptée sur le sujet.

Depuis lors, le Ministre des Finances Didier Reynders affirme vouloir convaincre les autres Ministres européens des Finances d’avancer sur cette matière dont l’importance a été démontrée par la crise financière. Hier, pourtant, ses collègues de parti et quelques autres députés belges, dont la cdH Anne Delvaux, ont renoncé à utiliser la voie parlementaire pour y parvenir. Si 315 eurodéputés ont voté POUR (dont les trois Verts belges, Isabelle Durant, Philippe Lamberts et Bart Staes, mais aussi le CD&V Jean-Luc Dehaene) cette proposition, 330 ont voté CONTRE (dont les francophones Frédérique Ries, Louis Michel et Anne Delvaux), pour 20 abstentions. Si les 22 eurodéputés belges avaient voté ce texte, cela aurait pu faire la différence… mais les déclarations courageuses des uns et des autres n’ont pas été suivies d’effets.

Pour Ecolo, une occasion a été manquée, celle d’envoyer un signal qu’attendent pourtant des millions de citoyens qui ont été frappés par la crise financière et qui attendent une plus juste contribution du secteur de la finance à toutes les fonctions collectives.

Une étude des Verts publiée il y a quelques semaines a pourtant démontré combien une taxation sur les transactions financières était non seulement possible mais hautement souhaitable. ECOLO demande donc d’urgence au Conseil de l’UE et à la Commission de cesser leurs tergiversations et de passer à l’acte.

Georges GILKINET Philippe LAMBERTS
Député fédéral Député européen

 

Bureau De Philippe Lamberts
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