-200.000: le nombre d’emplois européens détruits par l’accord UE-Canada (CETA)

-200.000: le nombre d’emplois européens détruits par l’accord UE-Canada (CETA)

-200.000: le nombre d’emplois européens détruits par l’accord UE-Canada (CETA)

Bruxelles, mardi 20 Septembre 2016. En ce jour de mobilisation générale contre le TTIP et le CETA, le dernier chiffre mis à nu tombe à pic.

Les 27 et 28 octobre prochain, se déroulera un grand sommet Union Européenne - Canada qui devrait se sceller par la signature du CETA. Si cet accord commercial a fait relativement peu parler de lui, il n’en est pas moins dangereux que son petit frère, le TTIP. Ces deux accords transatlantiques partagent les grandes caractéristiques que sont en particulier la coopération réglementaire et le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats.

Si le CETA a fait couler moins d’encre, c’est en raison en partie de la Trudeau mania et de la perception plus positive que les Européens se font des Canadiens que des Américains. Mais, il n’en demeure pas moins que cet accord commercial pourrait détruire 200.000 emplois en Europe sur une période de 7 années. Le Canada, lui-même, n’échappera pas à cette tendance (-23.000 emplois). Du fait d’un bouleversement au niveau des réseaux commerciaux, des pays hors UE et Canada verront 80.000 emplois menacés. C’est dire l’ampleur globale de ces accords.

Ces effets seront la conséquence d’une intensification de la concurrence qui poussera les entreprises à faire pression sur leurs coûts (donc, les travailleurs et leurs salaires) encore plus qu’elles ne le font maintenant. Les travailleurs européens perdront entre 316 et 1.331€ par an et les travailleurs canadiens bien plus encore (de l’ordre de 1.776 €). Par voie de conséquence, les inégalités seront exacerbées. La perte de recettes fiscales mettra un peu plus sous tension le financement de la sécurité sociale et les finances publiques si bien que le CETA privera les pouvoirs politiques des nécessaires moyens financiers pour compenser les perdants de l’accord..

Cette étude confirme bien que, loin d’être un accord gagnant-gagnant, il s’agit d’un deal perdant-perdant, sauf pour les détenteurs de capital (les entreprises multinationale et leurs actionnaires) car leur part dans le PIB augmentera alors que le PIB lui-même (c’est-à-dire la taille du gâteau que les acteurs économiques se répartissent) diminuera.

C’est le résultat d’une étude réalisée par des chercheurs du Global Development and Environment Institute (GDEI) de l’Université de Tufts. L’étude repose sur un modèle macroéconométrique utilisé par les Nations Unies dont les hypothèses de départ sont plus complètes et proches de la réalité (en tenant compte par exemple du niveau de chômage actuel) que celui derrière lequel la Commission européenne et d’autres institutions s’abritent généralement.

(Le GDEI s’était déjà illustré lors de la publication d’une autre étude concluant à la disparition de 600.000 emplois en cas d’accord entre l’UE et les Etats-Unis (TTIP).)

Les chiffres pour la Belgique ne sont pas disponibles. En procédant par extrapolation des pertes d’emploi en Allemagne et en France et en utilisant un facteur correctif pour tenir compte du fait que le PIB, le nombre de travailleurs ou la population en Belgique est 4 à 9 fois à ces mêmes paramètres dans les pays frontaliers, le CETA pourrait détruire entre 2.200 et 8.400 emplois.

Retrouvez ici le document complet: chiffre-26-ceta-200-000-jobs

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