OGM: le principe de précaution, sans plus attendre!

OGM: le principe de précaution, sans plus attendre!

OGM: le principe de précaution, sans plus attendre!

Mardi 26 janvier 2016, Parlement européen, Bruxelles

Le Groupe des Verts/ALE, sous l'initiative des Eurodéputés français José Bové et Michèle Rivasi, a eu le plaisir d'accueillir aujourd'hui au Parlement européen le Professeur G-E. Séralini. En 2012, la publication de son étude sur les effets à long terme de l'OGM NK603 tolérant au Roundup (l'herbicide phare de Monsanto) avait fait l'effet d'une bombe au sein de la communauté scientifique. Sous le feu des critiques, l'étude fut d'abord retirée de la littérature scientifique pour ensuite être republiée quelques mois plus tard dans un autre journal (Environmental Sciences Europe).

Le Professeur Séralini revient aujourd'hui avec une nouvelle étude (publiée dans le Scholarly Journal of Agricultural Sciences) sur les effets du maïs Bt176 utilisé dans l'alimentation animale. Son étude se base sur des données collectées entre 1997 et 2002 sur un troupeau de vaches laitières dont l'alimentation a intégré progressivement le Bt176. Dès 1996, lors de sa commercialisation, ce maïs avait provoqué diverses polémiques et a fini par être retiré du marché. Séralini revient sur cette période. Ses résultats remettent en cause la soi-disant innocuité des OGM pour la santé animale et plus largement, ils appellent à l'application du principe de précaution dans les procédures d'autorisation des OGMs. Des études sur les effets à long-terme des OGMs sur la santé animale et humaine sont plus que jamais devenues indispensables.

Pour un résumé du contenu de cette nouvelle étude, je vous invite à lire ce qu'a écrit ma collègue Michèle Rivasi sur ce sujet:

Aujourd'hui, avec José Bové nous accueillons Gilles-Eric Séralini pour une conférence de presse au Parlement européen. Il viendra nous révéler les résultats d'u...ne nouvelle étude sur la toxicité des OGM.

Le contexte : Le premier maïs OGM commercialisé pour l’alimentation des animaux (Bt 176, de Novartis devenu Syngenta) avait provoqué dès 1996 diverses polémiques. Cultivé sur quelques milliers d’hectares, il avait été rapidement retiré du marché. On se souvient de la présence d’un gène marqueur de résistance à un antibiotique pour le transformer génétiquement, de sa production interne d’un nouvel insecticide modifié, et pourtant d’un seul test de nutrition sur quatre vaches pendant deux semaines, réalisé par la société Novartis, dont une mourrait au bout d’une semaine, sans explication scientifique. À cette époque (1998-2007) le Pr. Séralini avait accès au dossier en tant qu’expert pour le gouvernement français au sein de la Commission du Génie Biomoléculaire, et dénonçait déjà avec le CRIIGEN l’absence cruciale de tests à long terme.

L’histoire : Pendant ce temps, un fermier expérimenté et médaillé pour sa productivité de lait de vache en Allemagne, Gottfried Glöckner, collaborait avec l’industrie des OGM, d’abord pour tester des cultures (1995), puis pour être le premier, dès sa commercialisation, à donner le maïs Bt 176 après ensilage à ses vaches laitières (1998-2002). Il se trouve que ce fut et demeure la plus longue observation détaillée de nourrissage avec un OGM. Sa ferme exemplaire était surveillée par des vétérinaires qualifiés, il n’y avait jamais connu de pathologie grave depuis sa prise de direction en 1986. Quand des paralysies partielles (parésies) accompagnées de grandes fatigues, de problèmes rénaux et de muqueuses, suivies par la mort de 10% des animaux survinrent, des causes microbiennes furent activement recherchées. Toutes sortes d’analyses furent effectuées, y compris par des laboratoires universitaires, en accord avec le ministère de la santé allemand et Syngenta. Ces recherches furent vaines. La dose de maïs OGM Bt progressivement introduit avait atteint 40% de la ration. En 2002, le fermier était devenu désormais convaincu que le maïs Bt était à l’origine des pathologies, et avait poursuivi en justice Syngenta en étant très partiellement dédommagé. Des déboires judiciaires et personnels rapportés dans un court commentaire lui sont alors survenus (Séralini, SJAS, 2016).

Après clôture de toutes ces affaires judiciaires, le Pr. Séralini a eu accès aux dossiers vétérinaires et aux archives très complètes pour chaque vache, ainsi qu’au témoignage du fermier titulaire d’un Master en Sciences Agricoles. Il publie avec lui dans Scholarly Journal of Agricultural Sciences des analyses inédites (Glöckner & Séralini, SJAS, 2016 ; http://www.scholarly-journals.com/sjas). De nouvelles données scientifiques sur les toxines Bt et l’étude approfondie des dossiers montrent que la toxicité à long terme du maïs OGM Bt peut clairement être mise en cause.

Cette étude révèle une fois de plus l’urgente nécessité d’un étiquetage spécifique de la nature et quantité des OGM, notamment dans l’alimentation. Des tests à long terme des OGM alimentaires doivent être effectués et rendus publics, tout comme pour les pesticides qu’ils sont conçus pour contenir. Tout cela devient plus que jamais indispensable.

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