Agenda européen sur la migration: il faut transformer les minutes de silence en actes

Agenda européen sur la migration: il faut transformer les minutes de silence en actes

Agenda européen sur la migration: il faut transformer les minutes de silence en actes

Bruxelles, le 2 juin 2015

La Commission européenne a présenté le 27 mai dernier sa proposition de quotas pour les demandeurs d'asile. Celle-ci prévoit une répartition des réfugiés entre les différents États-membres de l'UE. Pour les Verts, les États-membres doivent à présent assumer leurs responsabilités: en proposant une répartition entre États-membres basée sur des critères objectifs de taille, richesse et dynamisme économique des pays d'accueil, la Commission européenne marque une étape importante pour une répartition équitable des réfugiés au sein de l'Union européenne.

Il s'agit là d'une proposition résolument européenne, une proposition qui va dans la bonne direction. Cette répartition qui répond aujourd'hui à l'urgence doit être instituée comme un principe permanent de la politique d'asile européenne. Nous avons en effet besoin d'un système d'asile qui soit équitable pour les États membres et pour les réfugiés.

Les gouvernements des États membres de l'UE doivent aujourd'hui transformer les paroles en actes et assumer leurs responsabilités. D'autant qu'à moyen terme, c'est tout le système de Dublin qui doit être aboli pour que les demandes de droit d'asile n'incombent pas exclusivement aux pays par lesquels les réfugiés entrent sur le territoire de l'Union européenne.

Bien loin de souscrire à ce principe de solidarité, la France et l'Allemagne viennent cependant de publier une proposition commune qui s'oppose aux critères de répartition proposés par la commission européenne, dans ce qu'il faut bien appeler une opération de sabordage lancée par les ministres Cazeneuve et Maizière. En sabotant cette solution commune et en refusant toute solidarité avec les pays qui accueillent en premier lieu les migrants, ils retardent la mise en place des mesures d'urgence vitales pour les migrants et découlant des principes et obligations internationales de l'Union européenne.

Les deux ministres tentent d'enliser l'action européenne dans un débat sur l'équilibre entre responsabilité et solidarité quand la politique migratoire européenne a surtout besoin d'une véritable volonté politique pour résoudre cette crise humanitaire. En renvoyant dos-à-dos les États européens, le couple franco-allemand n'oeuvre ni pour la solidarité, ni pour la responsabilité. Il ne constitue pas un « moteur » pour l'Europe mais un frein irresponsable et démagogique à la mobilisation européenne pour sauver des vies en mer. Il faut bien au contraire se saisir de la proposition de la Commission pour enfin mettre en place des mesures concrètes d'accueil et d'intégration des migrants.

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