Barroso chez Goldman Sachs: il faut réformer d'urgence les règles de la Commission

Barroso chez Goldman Sachs: il faut réformer d'urgence les règles de la Commission

Barroso chez Goldman Sachs: il faut réformer d’urgence les règles de la Commission

Bruxelles, le 11 juillet 2016

L'annonce est tombée vendredi dernier: José Manuel Barroso, qui a présidé la Commission européenne durant 10 ans entre 2004 et 2014, a été recruté par la banque  Goldman Sachs en tant que président non exécutif et conseiller, afin de les représenter au cours des négociations du Brexit.

Barroso apportera à Goldman Sachs sa parfaite connaissance des rouages de l'Union européenne et son carnet d'adresses considérable, qui avantageront considérablement la banque d'affaires américaine dans la période d'incertitude à venir. Cette affaire montre également à quel point les règles veillant à limiter les conflits d'intérêts sont inadaptées.

Actuellement, les anciens Commissaires doivent demander une autorisation s'ils veulent accepter un nouveau poste dans les 18 mois qui suivent leur départ. Barroso occupe déjà aujourd'hui pas moins de 22 postes différents depuis la fin de son mandat - allant de membre du comité de pilotage du Groupe de Bilderberg à membre du Comité Honoraire du European Business Summit. Néanmoins, cette nouvelle fonction est d'autant plus alarmante que Goldman Sachs a joué un rôle évident dans la crise des "subprimes" ayant précipité le monde dans une crise financière majeure, avec les effets que l'on sait sur l'économie européenne et l'Euro. Sans mentionner le rôle trouble qu'a joué la banque en aidant la Grèce à maquiller ses comptes, pour ensuite spéculer sur sa dette...

Les Verts/ALE demandent depuis longtemps une réforme du Code de Conduite pour les Commissaires. Étant donné que ces derniers reçoivent une généreuse "allocation de transition" pendant les 3 années qui suivent leur départ, une période de "gel" de 3 ans au lieu de 18 mois serait le strict minimum. Cependant, d'autres pays, comme le Canada, imposent une période de 5 ans. Et Barroso ayant presté 2 mandats à la tête de la Commission, une période de gel encore plus stricte devrait s'imposer.

Au cours des prochains mois, mon collègue vert français Pascal Durand préparera un rapport sur la façon dont le Parlement européen devrait examiner les déclarations d'intérêt des Commissaires européens, tant la procédure actuelle manque de rigueur et laisse à désirer. Ce rapport comprendra des recommandations sur les réformes à apporter au Code de Conduite des Commissaires européens.

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