Europe - Google : 1-0

Europe - Google : 1-0

Europe – Google : 1-0

Il est assez trivial de déclarer que l’Europe est en panne ou en crise, qu’elle peine à s’affirmer sur la scène mondiale et qu’elle joue petit bras. Mais c'est compter sans la Commissaire européenne danoise en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager, qui n’hésite pas à défier les puissantes multinationales lorsque ses services constatent qu’elles abusent de leur position dominante sur leurs marchés.

Elle en a encore fait la preuve aujourd’hui en infligeant une amende de 2,42 milliards d’euros à Google, la plus élevée jamais prononcée par la Commission. Il est reproché au géant de l’internet de se servir de la quasi-omniprésence de son moteur de recherche pour mettre en valeur son comparatif de prix en ligne « Google Shopping » au détriment d’autres outils du même genre. En rendant moins visible ces derniers, Google a nui au principe de libre concurrence et porté atteinte aux intérêts des consommateurs européens. L’attitude de Vestager tranche avec celle de son pâle prédécesseur, l’Espagnol Almunia, qui préférait la conciliation avec les groupes en indélicatesse avec les règles européennes plutôt que l’affrontement. Ce qui donna parfois le sentiment que l’Europe acceptait de se laisser marcher sur les pieds.

Google, qui fait l’objet de deux autres actes d’accusation (l’un pour ses services AdSense et l’autre pour rien de moins qu’Android, dossier qui devrait susciter pas mal d’attention dans les prochaines mois), conteste évidemment la décision et fera appel en justice.

Cette décision a certes une portée économique mais il ne faut pas en négliger la dimension politique car Google est l’un des joyaux de l’industrie numérique américaine. On sait que lors des négociations sur le TTIP (traité transatlantique UE-USA en suspens) et sur le TiSA (traité mondial sur le commerce des services) les États-Unis, considérant ce secteur comme stratégique, cherchaient à libéraliser au maximum les marchés de l’économie numérique. L’annonce de ce jour risque donc d’être perçue à Washington DC et dans la Silicon Valley comme une atteinte à leurs intérêts (peu importe ceux des consommateurs). Un tweet rageur de Donald Trump est d’ailleurs imminent...

En attendant, les internautes qui chercheraient à contourner le moteur de recherche de Google pourront se replier sur cette alternative durable : Ecosia.org géré par une société allemande qui investit ses bénéfices dans la reforestation.

Photo: © European Union, Source: EC - Audiovisual Service

Articles similaires

Close