Herbicide Glyphosate: le vote en comité d'experts une nouvelle fois reporté

Herbicide Glyphosate: le vote en comité d'experts une nouvelle fois reporté

Herbicide Glyphosate: le vote en comité d’experts une nouvelle fois reporté

Bruxelles, le 19 mai 2016

Nouveau rebondissement dans la saga du glyphosate: alors qu’un comité d’experts représentant les gouvernements européens devait décider aujourd'hui de renouveler ou non l’autorisation du glyphosate pour une période de 9 ans, ce vote a été reporté pour la deuxième fois, en l'absence d'une majorité qualifiée au sein du comité.

Cette substance, classée cancérigène probable par l'OMS, constitue le principe actif du principal herbicide vendu dans le monde, notamment sous la marque Round Up. Il constitue un élément essentiel du business du géant agrochimique Monsanto, qui le commercialise conjointement avec les OGM résistants à cet herbicide, organisant ainsi la dépendance des agriculteurs à son égard.

Lors du premier examen du dossier, il ne s'était pas trouvé de majorité qualifiée au Conseil pour accepter la proposition d'une prolongation de 15 ans. Ce ne fut à nouveau pas le cas aujourd'hui, sur une durée réduite à 9 ans, beaucoup d'Etats membres il est vrai se réfugiant dans une abstention prudente (?).

L'avant-projet de la Commission européenne et des Etats-membres, qui était soumis aux experts piétinait sans scrupule le principe de précaution inscrit dans les traités européens. Sans compter que cette procédure a été marquée depuis des mois par un lobbying intense de la part de Monsanto, y compris à travers les conflits d'intérêts de certains experts: dernier exemple en date, Alan Boobis, le vice-président du laboratoire ILSI Europe financé notamment par Monsanto, présidait comme par hasard la réunion d'experts conjointe OMS-ONU qui a, en début de semaine, émis un avis favorable au glyphosate... (1)

Le délai s'amenuise, une décision devant intervenir au plus tard le 30 juin. Deux possibilités s'offrent à présent à la Commission Européenne : soit formuler une nouvelle proposition, sur une durée encore plus réduite et peut-être avec des interdictions immédiates ciblées (comme demandé le mois dernier par le Parlement Européen) soit proposer une prolongation "technique" de deux ans, le temps de réaliser de nouvelles analyses scientifiques.

Une chose est sûre: la mobilisation citoyenne porte ses fruits ! Ce deuxième report de vote montre bien que les États-membres sont sensibles à la mobilisation des citoyens et des écologistes, et que la réautorisation du glyphosate ne va pas de soi.

Parmi les partisans du glyphosate, on trouve hélas la Belgique. Au mépris du principe de précaution, du respect de la santé publique et de l'environnement, le ministre fédéral de l'agriculture Willy Borsus s'obstine à défendre la prolongation. Le gouvernement belge serait pourtant bien mal avisé de préférer la voix des agro-industriels à celle de ses citoyens dans cette affaire. Il est vrai que pour notre gouvernement, ce qui est bon pour les multinationales est bon pour le pays. Charles Michel a beau affirmer qu'il est du côté des gens qui se lèvent tôt pour travailler, cet épisode montre à nouveau que ce gouvernement est d'abord et avant tout celui de la rente : rente financière des 1%, rente de situation des multinationales etc...

À lire également sur le sujet:

(1) De plus, l'avis du comité ne prend en compte que sur les résidus présents dans l'alimentation, excluant donc d'autres types d'exposition tels que le jardinage, l'épandage etc.

Articles similaires

Close