Index de perception de la corruption 2017 : la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie en bas de l'échelle européenne

Index de perception de la corruption 2017 : la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie en bas de l'échelle européenne

Index de perception de la corruption 2017 : la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie en bas de l’échelle européenne

L'ONG anti-corruption Transparency International a publié hier soir son index de perception annuel de la corruption du secteur public. L'échelle va de 0 à 100, 0 étant un pays extrêmement corrompu et 100 extrêmement sain. Si les 28 de l'Union européenne reçoivent tous un score égal ou supérieur à la moyenne mondiale qui est de 43, la situation est loin d'être rose partout. Les pays qui ferment la marche européenne sont la Bulgarie, la Hongrie, et la Roumanie. L'autoritarisme qui se répand dans cette région menace les libertés civiles : les ONG et les médias indépendants y connaissent des difficultés croissantes à exercer leur rôle de contrôle et critique des autorités.

La Bulgarie, bonne dernière, arrive tout juste au score moyen. Ce résultat n'est pas surprenant au vu notamment du rapport que nous avons publié voici quelques semaines sur la corruption dans ce pays, et qui épinglait le manque d’action tant en Bulgarie qu’au niveau de l'UE pour lutter contre la corruption endémique qui fragilise l’état de droit et la démocratie en Bulgarie. Ce rapport, que vous pouvez découvrir ici https://www.greens-efa.eu/…/new-study-highlights-corruptio…/, révèle les liens entre le gouvernement bulgare, les oligarques, les banques et les médias. Il met également en garde contre les dangers de la nouvelle loi bulgare sur la corruption. La Bulgarie qui assure actuellement la Présidence de l’UE est l’État membre le moins performant dans la lutte contre la corruption. Par ailleurs, il se classe également au 109e rang du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

L'index de la Hongrie présente depuis 6 ans une détérioration qui coïncide avec le durcissement des politiques du Premier ministre Viktor Orban en matière de contrôle des institutions publiques et de musèlement de la société civile. Elle constitue un exemple dramatique du rétrécissement de l'espace laissé à la société civile, ciblant particulièrement les ONG, mais le gouvernement tente aussi de réduire au silence les voix indépendantes de la société civile en général ainsi que du monde académique, sans compter les limitations à la liberté de la presse. Le Parlement européen a d'ailleurs décidé en juillet dernier de rédiger un rapport, dont ma collègue Judith Sargentini est rapportrice, sur la violation des principes et valeurs fondamentales de l’UE par le gouvernement hongrois.

Notons malgré tout l'amélioration remarquable de certains pays : la Grèce, l'Italie, la République tchèque, Chypre et la Lettonie ont considérablement remonté dans le classement ; le Danemark, la Finlande et la Suède forment sans surprise le peloton de tête de l'Union. Quant à la Belgique, avec un score de 75 et une 16ème place, elle tire son épingle du jeu ; j'avoue me demander comment nous nous en tirons aussi bien entre le Kazakhgate, le Samu Social et autres GIAL...

Transparency International prévient les dirigeants européens : là où l'état de droit se dégrade fortement s'ensuit un déferlement de corruption d'État. Les écologistes au Parlement européen ont fait de la transparence et de la démocratie l'une de leurs priorités, et la détérioration de l'état de droit dans plusieurs pays retient toute notre attention. De manière générale, la Commission européenne doit se montrer plus ambitieuse dans la lutte contre la corruption qui gangrène certains États membres et fragilise l’état de droit et la démocratie. Il est grand temps que nous, en tant qu’Union européenne, défendions les valeurs que nous partageons entre pays membres de l’UE.

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