Migration: la solidarité oui! Si c'est l'affaire des autres!

Migration: la solidarité oui! Si c'est l'affaire des autres!

Migration: la solidarité oui! Si c’est l’affaire des autres!

Le sommet européen réuni ces 25 et 26 juin 2015 discutait hier de l'accueil des migrants. La proposition de la Commission européenne était d'établir des quotas d'accueil par pays membre. Hélas, à l'issue des discussions, le résultat est à mille lieues de ce que l'on aurait pu espérer. En tant qu'Européen, je suis honteux. Honteux de voir les chefs d'Etats et de gouvernement se dérober à ce point à leurs responsabilités et jouer à qui réussira à éviter d'accueillir les quelques dizaines de milliers de migrants qui font l'objet de cet accord dérisoire.

Voici ma réaction:

" La solidarité oui! Si c'est l'affaire des autres! C'est en substance le message délivré par ce Conseil. Un Conseil d'où les leaders européens sortent renforcés par leur "action commune", devenue désormais le "label de l'Europe " : repousser les problèmes et ainsi participer à leur amplification.
Un agencement dans lequel les migrants, devenus à leurs yeux un problème très menaçant, sont refoulés et contenus le plus possible dans leur pays, y compris par la dissuasion militaire. Pour néanmoins faire bonne figure, 60 000 "heureux élus" bénéficieront de la protection du droit international et seront répartis à travers le continent. Solidarité oblige! Enfin, "oblige" tous les États collectivement à participer à une mise aux enchères dans laquelle chacun d'eux reste libre d'être plus ou au moins offrant pour l'accueil.

Une prouesse que seuls des États européens étaient capables d'accomplir! Pourquoi travailler à la mise en place de canaux surs et légaux d'immigration qui assècheraient plus certainement le business criminel des passeurs quand on est capable de tels exploits?
Aujourd'hui l'action commune spécifiquement européenne consiste donc à repousser indéfiniment les réponses aux défis posés par les migrations - qu'elles résultent des conflits aux portes de notre continent, des dictatures ou du changement climatique.
Une vérité amère devenue la règle pour tous les défis; qu'il s'agisse de l'insoutenabilité de la dette - en particulier grecque-, de la gouvernance économique dysfonctionnelle et productrice d'inégalités toujours plus grandes, de la fraude et de l'évasion fiscales sans cesse plus agressives ou encore du déclin accéléré de la légitimité démocratique.

Plus que jamais, comme tétanisés par la montée des populismes de tout bord et prisonniers d'un logiciel politique épuisé, les dirigeants européens eux-mêmes - à Bruxelles et dans les 28 capitales - se révèlent être les fossoyeurs les plus efficaces de l'indispensable projet d'intégration politique européenne, seule véritable option pour que les Européens reconquièrent leur souveraineté face au pouvoir sans cesse grandissant des puissances de l'argent. J'ai mal à mon Europe."

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