Résistance aux antibiotiques : une avancée majeure

Résistance aux antibiotiques : une avancée majeure

Résistance aux antibiotiques : une avancée majeure

La résistance de certaines bactéries aux antimicrobiens les plus utilisés est un sérieux problème de santé publique dans l'Union européenne. L'élevage intensif repose sur l'utilisation importante de médicaments, qui viennent compenser les mauvaises conditions, propices aux maladies, dans lesquelles vivent les animaux, entassés sur des surfaces trop petites, sans accès à l'extérieur, limités dans leurs comportements... L'utilisation étendue de médicaments à titre prophylactique, c'est-à-dire de façon préventive, et métaphylactique, à savoir le traitement de tout un groupe lorsqu'un individu est malade, contribuent à créer des souches résistantes qui passent ensuite dans l'alimentation humaine. On sait par exemple que des souches de salmonelles résistantes à plusieurs médicaments continuent à se répandre dans toute l'Europe. Le phénomène de l'antibiorésistance causerait à lui seul le décès de 25 000 personnes par an en Europe.

Dans ce contexte, le Parlement européen a adopté la semaine dernière un paquet législatif visant à réduire fortement l'utilisation de médicaments vétérinaires. Cette décision dont nous nous félicitons vient couronner dix ans de lutte écologiste en la matière. C'est l'une des dérives de l'élevage industriel qui se trouve ici encadrée. En effet, selon les textes votés, seuls les vétérinaires auront le pouvoir de prescrire des antibiotiques aux animaux, et ils devront pour cela d'abord constater la maladie. Quant aux traitements de groupe, il devra s'agir d'un dernier recours, et être ordonné seulement après diagnostic et prescription par un vétérinaire. Quant à l'utilisation préventive d'antibiotiques dans l'alimentation animale, elle sera tout simplement interdite, y compris pour les denrées alimentaires importées. Par ailleurs, certains antibiotiques seront réservés aux traitements humains afin d'éviter la propagation des souches résistantes.

Cette nouvelle législation aura deux conséquences majeures. D'une part, elle fera reculer la résistance aux antimicrobiens dans l'environnement et l'alimentation, et par là améliorera la santé publique, permettra d'éviter des décès et préservera l'efficacité des antibiotiques pour les cas où ils sont effectivement nécessaires. D'autre part, il s'agit d'une vraie remise en question de l'élevage industriel : la limitation du recours aux antibiotiques aura nécessairement pour corollaire des mesures préventives tels que la réduction de la taille des groupes d'animaux, qui deviendront aussi moins denses, et une meilleure attention au bien-être animal.

Je vous invite à visionner le discours en plénière de mon collègue autrichien Thomas Waitz à ce sujet.

 

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