Tif test : les résultats

Tif test : les résultats

Tif test : les résultats

On le sait, les pesticides sont omniprésents dans notre environnement, y compris domestique, et dans notre nourriture. Rappelez-vous, je l'annonçais cet été : les écologistes du Parlement européen ont fait appel à un institut indépendant afin de réaliser des tests capillaires pour 30 pesticides signalés comme perturbateurs du système endocrinien.

Entre fin juillet et octobre 2018, 148 échantillons de cheveux ont été prélevés dans 6 pays européens, dont 26 en Belgique. Les échantillons ont été analysés afin de rechercher la présence d'un ou plusieurs des 30 pesticides (comprenant des insecticides, des fongicides et des herbicides).

Le laboratoire a détecté un ou plusieurs de ces 30 pesticides dans 60% des échantillons testés. Pour les cheveux belges, la proportion monte à presque 70%. En Belgique, les pesticides les plus présents sont le propiconazole (un fongicide autorisé dans l'agriculture), le fipronil (un insecticide interdit dans l'agriculture depuis 2017 mais autorisé comme biocide notamment en usage vétérinaire), le chlorpyrifos-ethyl (un insecticide autorisé en agriculture) et le permethrin (un insecticide fréquemment utilisé dans la conservation du bois et à des fins vétérinaires et domestiques).

L'un des enseignements de cette analyse exploratoire est que notre exposition aux pesticides ne se fait pas exclusivement par voie alimentaire. Certes, le produit le plus fréquemment retrouvé dans les échantillons belges (42%), le propiconazole, est un fongicide autorisé dans l'agriculture en Europe. Mais le Fipronil, interdit comme pesticide et qui avait défrayé la chronique à l'été 2017 avec le scandale des oeufs contaminés, demeure autorisé pour, notamment, les traitements et colliers anti-puces ou anti-tiques des animaux domestiques. Il n'est donc pas étonnant que les analyses aient retrouvé du Fipronil dans presque un quart des échantillons belges ! On voit que les sources d'exposition sont multiples : la contamination passe aussi par les traitements de conservation du bois, par exemple (permethrin, présent dans 19% des échantillons).

Cette contamination globale montre d'une part qu'il existe encore trop de failles dans notre réglementation, et d'autre part que l'interdiction d'une substance comme pesticide tout en l'autorisant par exemple comme biocide ne permet pas de protéger les citoyens. Une remise à plat de la législation s'impose, tout comme une interdiction globale des substances perturbant le système endocrinien.

 

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