TTIP : le Parlement européen divisé est mis au pas par M. Schulz. Nous restons mobilisés.

TTIP : le Parlement européen divisé est mis au pas par M. Schulz. Nous restons mobilisés.

TTIP : le Parlement européen divisé est mis au pas par M. Schulz. Nous restons mobilisés.

Strasbourg, 8 juillet 2015

Et donc, le Parlement Européen a voté ce midi à une large majorité (436 pour, 241 contre, 32 abstentions) sa résolution sur le projet de traité transatlantique, un vote que son président, le socialiste Martin Schulz, avait arbitrairement reporté en juin par crainte d'une défaite. Sous la pression de Schulz, une majorité du Parlement a fini par adopter la résolution, en ce compris un compromis alambiqué sur les tribunaux arbitraux (ISDS) permettant aux multinationales d'attaquer les Etats au nom de leur prétendu "droit au profit". Ce compromis permet à la fois au chef de groupe socialiste Gianni Pitella d'affirmer mensongèrement que l'arbitrage privé est morts, tandis que la droite du Parlement rit sous cape en se réjouissant que le Parlement encourage la poursuite des négociations.

Notre porte-parole sur le sujet, Yannick Jadot, a brillamment résumé les enjeux dans son intervention en plénière, que je vous invite à regarder, c'est un vrai régal (vidéo en fin de billet).

Quel bilan tirer du vote? On peut légitimement s'indigner qu'une majorité du Parlement continue de soutenir le processus TTIP. Mais deux ans après avoir soutenu, dans l'enthousiasme et l'unité, l'ouverture des négociations du traité transatlantique, la grande coalition des conservateurs, socialistes et libéraux rencontre des difficultés croissantes pour trouver une nouvelle majorité pour un soutien bien ambigu au TTIP/TAFTA. Car, depuis deux ans, les citoyens, les consommateurs, les syndicats, les citoyens, les villes et les régions et les PME ont fortement critiqué un projet qui menace les droits et l'espace de souveraineté démocratique. C'est finalement le retournement d'une partie des socialistes sur la question des tribunaux arbitraux, sous la pression du Président Schulz, allié aux conservateurs, qui a permis ce résultat.

Si l'on peut reprocher à Martin Schulz ses excès de mégalomanie anti-démocratiques, force est de reconnaître qu'ils produisent leurs effets sur ce Parlement européen. En reportant le vote et le débat sur le TTIP, Martin Schulz a ainsi eu le temps d'imposer un nouveau compromis sur les tribunaux arbitraux privés. Et de rappeler à l'ordre ses propres troupes dont la volonté de respecter la démocratie européenne ces derniers mois risquait de compromettre sa stratégie d'entente avec les groupes conservateurs pro- et anti-européens (respectivement PPE et ECR) ainsi que libéraux (ADLE) ouvertement favorables à l'amplification de la dérégulation portée par le TAFTA/TTIP. Jusqu'au vote en plénière, Martin Schultz aura manipulé le code de procédure du Parlement européen dans son seul intérêt politique.

Plus que jamais, les groupe PPE, ECR et ALDE forment le parti du big business, et le groupe socialiste, celui des occasions ratées ou de l'abandon de poste. Car si les socialistes belges ont fait partie de la minorité de leur groupe qui s'est opposée au texte, Martin Schulz, comme beaucoup d'autres dans ce parlement, ont perdu le sens de l'intérêt commun et s'exemptent sans scrupule du devoir de véracité envers les citoyens.

Quant à moi, en voyant la mobilisation grandissante, je suis de plus en plus convaincu que nous gagnerons cette bataille. En effet, qui aurait prédit il y a deux ans une telle défiance des parlementaires vis-à-vis du TTIP/TAFTA? La mobilisation de tous les acteurs de la société a profondément modifié les rapports de force au sein du Parlement. Alors que les négociations ne sont même pas à mi-parcours, une victoire aussi forcée et étriquée des pro-TTIP n'est pas la pire des nouvelles. Notre détermination et notre mobilisation en sortent renforcées.

 

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